C’est un secret de polichinelle, l’Algérie livre une bataille féroce contre le stress hydrique. Après avoir sorti de terre des infrastructures massives le long de son littoral, le pays active désormais la seconde phase de son plan d’attaque. Il ne suffit plus de produire des millions de mètres cubes d’eau quotidiennement. Il faut maintenant acheminer cette ressource vers les robinets des grandes agglomérations situées à l’intérieur.
Cette transition vise à effacer définitivement les souvenirs des coupures récurrentes qui alimentaient la grogne sociale par le passé. Le ministre de l’Hydraulique, Lounes Bouzegza, a convoqué hier l’ensemble des cadres et des acteurs du secteur pour évaluer la cadence de quatre chantiers d’envergure.
Stations de dessalement : le grand virage vers l’intérieur pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable
L’achèvement des usines côtières ouvre la voie à un défi logistique immense, la construction de réseaux de transfert géants. Le ministère de l’Hydraulique concentre ses efforts sur le « suivi de l’état d’avancement des quatre projets stratégiques en cours de réalisation ».
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Les données du terrain montrent que la carte hydrique de plusieurs régions est déjà en train de changer de physionomie :
- Wilaya de Blida : le raccordement depuis la station de Fouka (Tipasa) affiche une réussite totale. Les techniciens ont achevé l’ensemble des infrastructures de transfert.
- Wilaya d’El Tarf : le projet de Kedia El-Draouch, dimensionné pour injecter 300 000 m3 par jour dans le réseau, entre dans sa phase finale. Les équipes procèdent actuellement aux opérations de lavage et de désinfection des conduites de transport.
- Wilayas de Bouira, Tizi-Ouzou, M’Sila et Médéa : ces quatre territoires attendent la concrétisation du gigantesque réseau de canalisations relié à la station de Cap Djinet (Boumerdès).
Un milliard de dollars sur la table pour le futur réseau d’approvisionnement en eau potable
La stratégie nationale ne se limite pas aux chantiers en fin de construction. Le gouvernement anticipe déjà l’avenir à travers des investissements massifs. Lors de cette réunion de cadrage, le ministre et ses partenaires ont validé le lancement des phases d’études pour une nouvelle génération d’installations de grande capacité.
Trois nouvelles wilayas côtières accueilleront ces futures usines, Chlef, Mostaganem et Tlemcen. Pour matérialiser cette ambition, l’État déploie une enveloppe financière colossale de près d’un milliard de dollars. Selon les prévisions de la tutelle, « ces nouvelles infrastructures viendront renforcer les capacités nationales de production et de transfert d’eau dessalée. Afin de répondre à la demande croissante en eau potable ». Ce programme d’extension bénéficie d’ailleurs d’une attention permanente et d‘un suivi rigoureux de la part des plus hautes autorités du pays.
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En somme, en attendant les futures usines de l’Ouest, les premiers effets se font déjà sentir. La station de Fouka alimente progressivement plusieurs communes de l’est de Blida, tandis que celle d’El Tarf entrera en service après les dernières vérifications techniques. Quant au projet de Cap Djinet, destiné à approvisionner quatre wilayas de l’intérieur, un appel d’offres international sera bientôt lancé pour la pose des conduites.
