Tlemcen, Sétif, Blida, In Guezzam : le grand chantier de l’eau potable démarre

Quatre wilayas, une même date symbolique. Le ministre des Ressources en eau, Lounès Bouzegza, entame ce lundi 2 novembre 2026 une série de lancements et d’inaugurations consacrés à l’eau potable.
Tlemcen, Sétif, Blida et In Guezzam accueillent tour à tour ces opérations, programmées dans le sillage des célébrations du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution. Objectif affiché : consolider la sécurité hydrique du pays et assurer un service public sans interruption.
Ces réalisations traduisent les instructions du président de la République. Elles s’inscrivent dans une logique devenue familière ces dernières années : multiplier les sources d’approvisionnement, muscler les infrastructures existantes et faire grimper les volumes d’eau traitée mis à la disposition des foyers.
Les stations de dessalement de l’Ouest alimentent désormais l’intérieur du pays
À Tlemcen, le ministre donne le coup d’envoi des raccordements situés en aval des trois nouvelles usines de dessalement implantées à Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Ces canalisations doivent irriguer non seulement les wilayas côtières, mais également des territoires plus éloignés du littoral.
Cette étape était attendue. Lors du Conseil des ministres du 18 octobre, le chef de l’État avait réclamé que Chlef, Mostaganem ainsi que Tlemcen soient desservies en priorité. Produire des millions de mètres cubes ne suffit pas, encore faut-il les acheminer : c’est tout l’enjeu de ce vaste chantier de transfert vers les grandes agglomérations de l’intérieur, engagé depuis plusieurs mois.
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Sétif raccorde quinze communes au barrage de Tabellout
Le deuxième volet se joue dans les Hauts-Plateaux. Le ministre y lance le transfert reliant le barrage de Tabellout, situé à Jijel, à celui de Dhraa Eddis, dans la wilaya de Sétif. Quinze communes du nord-est sétifien figurent parmi les bénéficiaires directs de cette opération.
L’enjeu dépasse la simple quantité d’eau disponible. Il s’agit surtout de régularité : garantir un débit stable toute l’année, y compris durant les mois les plus secs. Ce type d’ouvrage s’inscrit dans l’équilibre hydrique national défendu par le département de l’Hydraulique, qui s’appuie sur un parc de 82 barrages dont le taux de remplissage avoisinait 60 % au printemps dernier.
Blida bénéficie de l’eau dessalée produite à Fouka 2
Troisième escale, la Mitidja. À Blida, l’inauguration porte sur une conduite partant de la station de dessalement de Fouka 2, dans la wilaya voisine de Tipaza. Les communes de l’est blidéen en seront les premières bénéficiaires.
Le gain attendu est double. D’une part, la capacité d’alimentation augmente sensiblement. D’autre part, les habitants devraient constater une meilleure continuité du service, un point régulièrement pointé du doigt lorsque surviennent des coupures programmées dans plusieurs communes de l’Algérois.
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In Guezzam : 250 kilomètres de conduite pour Tin Zaouatine
Le chantier le plus impressionnant se situe à l’extrême sud. À In Guezzam, les travaux démarrent pour alimenter la zone de Tin Zaouatine à partir de la nappe aquifère du Tanezrouft, logée dans la wilaya de Bordj Badji Mokhtar. Environ 250 kilomètres séparent la ressource de sa destination finale.
Un tel linéaire, tracé en plein désert, illustre la volonté de ne laisser aucune région à l’écart. L’approvisionnement en eau potable des localités frontalières du Grand Sud repose en effet quasi exclusivement sur les eaux souterraines, d’où l’intérêt de ces longues adductions.
Un service public de l’eau pensé sur la durée
Pris ensemble, ces projets poursuivent une même finalité : renforcer le patrimoine hydraulique et élever les capacités de production. Les pouvoirs publics y consacrent des moyens considérables, puisque plus de 1 469 milliards de dinars sont fléchés vers les ouvrages hydrauliques enregistrés ou en cours de réalisation.
Reste la question des réseaux. Les pertes en ligne demeurent le talon d’Achille du secteur, et un programme d’urgence doté de 23 milliards de dinars a été lancé pour traiter les fuites et les branchements illicites. Produire plus, transférer mieux, puis éviter le gaspillage : la séquence est désormais clairement assumée par la tutelle.
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