Eau potable : un programme d’urgence de 23 milliards de DA accéléré avant les pluies

Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a demandé le 24 septembre aux responsables du secteur d’accélérer la concrétisation du programme d’urgence pour l’eau potable, doté de 23 milliards de DA. À l’approche de la saison des pluies, il leur a aussi fixé d’autres priorités : traiter les fuites, lutter contre les branchements illicites et curer les oueds. Voici ce qu’il faut retenir, et ce que cela change pour les usagers.
Le ministre de l’Hydraulique a présidé le jeudi 24 septembre, au siège du ministère, une réunion d’évaluation consacrée à la situation du secteur et à l’avancement des programmes, selon un communiqué du ministère. Les cadres centraux et les directeurs généraux des établissements sous tutelle y participaient, ainsi que les directeurs de l’hydraulique des wilayas, en visioconférence.
Lounès Bouzegza a d’abord salué les efforts déployés pendant la saison estivale et les interventions menées après les incendies qui ont touché plusieurs wilayas. Les participants ont ensuite passé en revue le service public de l’eau potable et de l’assainissement, l’avancement des projets et les insuffisances relevées sur le terrain.
23 milliards de DA pour accélérer le programme d’urgence
Lounès Bouzegza a d’abord demandé d’accélérer la concrétisation du programme d’urgence lancé à la mi-août, auquel l’État consacre une enveloppe de 23 milliards de DA. Ce programme doit renforcer l’alimentation des citoyens en eau potable et corriger les insuffisances enregistrées. Il prévoit notamment l’achat d’équipements électromécaniques, de groupes électrogènes, de pompes, de stations de pompage et de camions-citernes, pour renforcer les capacités d’intervention et de maintenance dans les wilayas.
Pour y parvenir, le ministre a donné une série de consignes sur la conduite des projets :
- suivre les programmes sur le terrain, lever les obstacles et prendre à temps les mesures correctives ;
- veiller à la maturité des études et renforcer le contrôle technique des chantiers, en lien avec l’Organisme de contrôle technique des travaux hydrauliques ;
- assainir le portefeuille des projets, hiérarchiser les priorités et traiter les projets en difficulté.
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Fuites, branchements illicites, gaspillage : les priorités du service public
Le ministre a également insisté sur l’amélioration du service rendu aux usagers. Il a demandé aux responsables de renforcer la maintenance préventive des installations et des équipements, et de garantir des interventions rapides et efficaces en cas de panne.
Il a aussi exigé la poursuite du traitement des fuites et des branchements illicites, ainsi que la lutte contre le gaspillage de l’eau. Les directions de wilaya doivent élaborer des plans d’action ciblés pour traiter les perturbations de la distribution, les points noirs et les insuffisances relevées. Ces pertes pèsent directement sur la distribution, comme l’a encore montré la fuite sur le réseau de Taksebt à Boudouaou. Dans la capitale, les travaux sur le réseau entraînent aussi régulièrement des perturbations annoncées par la SEAAL.
Le communiqué ne précise pas les wilayas ni les communes concernées par ces opérations.
Eaux usées traitées et saison des pluies
Le ministre a appelé à valoriser et à généraliser l’utilisation des eaux traitées par les stations d’épuration, notamment dans l’agriculture. Selon lui, cette réutilisation soutient le développement économique et renforce la sécurité hydrique du pays. Fin juillet, l’Office national de l’assainissement comptait 147 projets en cours sur 151, dont de nouvelles stations d’épuration et l’installation du traitement tertiaire, qui permet de réutiliser les eaux épurées pour l’irrigation et l’industrie.
À l’approche de l’automne, Lounès Bouzegza a aussi demandé de renforcer les mesures préventives face aux aléas météorologiques, en particulier le curage et l’entretien des cours d’eau et des oueds. Il a enfin appelé à prévenir les maladies à transmission hydrique, en coordination avec les autorités locales et les services de santé.
Le ministre a conclu en appelant à renforcer la coordination entre les directeurs de l’hydraulique et l’ensemble des intervenants, et à encourager le travail collectif et l’esprit d’initiative pour améliorer le service public.
Dessalement : des raccordements en préparation
La réunion a aussi porté sur la préparation des grands projets de raccordement en aval des nouvelles stations de dessalement de Tlemcen, Mostaganem et Chlef. Selon un communiqué du ministère de fin juillet, ces projets prévoient plus de 250 km de conduites de transfert vers l’intérieur du pays :
- depuis Tlemcen : les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma ;
- depuis Mostaganem : les wilayas de Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt ;
- depuis Chlef : les wilayas de Chlef, Aïn Defla, Médéa et la partie est de Tissemsilt.
Les travaux doivent débuter une fois les procédures contractuelles achevées. Aucune date n’a été communiquée.
D’autres transferts fonctionnent déjà. Fin juillet, l’eau de la station de Fouka 2 alimentait les communes de l’est de la wilaya de Blida, et le couloir El Tarf – Guelma, à partir de la station de Koudiet Draouche, entrait progressivement en service.
Le dessalement occupe une place croissante dans l’approvisionnement du pays. À Oran, la station de Cap Blanc a atteint mi-août sa pleine capacité de 300 000 m³ par jour, et a franchi le 18 septembre le cap des 100 millions de m³ produits depuis sa mise en service, selon la société Algerian Desalination Company (ADC). D’autres projets se préparent, comme la méga-station de 300 000 m³ par jour prévue à Tizi Ouzou, dont le site d’implantation reste à arrêter.
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Compteurs, SMS, écoles : les consignes déjà données cet été
Selon les communiqués du ministère, la réunion du 24 septembre prolonge des instructions formulées au cours de l’été. Lors d’une réunion de coordination consacrée à la saison estivale, le lundi 20 juillet, avec les directeurs de l’hydraulique de sept wilayas, le ministre avait déjà demandé :
- la généralisation de l’installation des compteurs pour rationaliser la consommation ;
- l’information préalable des citoyens de toute perturbation ou de tous travaux de maintenance, par SMS, sur les radios locales et sur les pages officielles des réseaux sociaux ;
- un suivi quotidien des indicateurs d’approvisionnement en eau potable.
Le jeudi 20 août, trois jours après l’annonce du programme d’urgence, Lounès Bouzegza en avait ordonné le lancement immédiat, pour acquérir des équipements et des matériels de maintenance et d’intervention rapide. Il avait aussi demandé de raccorder les nouveaux établissements scolaires et les centres de formation aux réseaux d’eau potable et d’assainissement avant la rentrée, de prendre des mesures préventives contre les inondations et de lutter contre les rejets anarchiques d’eaux usées.
Ce que les usagers peuvent faire
En cas de fuite sur la voie publique ou de coupure prolongée, les usagers peuvent alerter leur opérateur de distribution. À Alger et Tipaza, la SEAAL répond au 1594, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. À Oran, la SEOR dispose du numéro vert 3002. Dans la majorité des autres wilayas, l’Algérienne des eaux (ADE) assure la distribution et oriente les usagers vers ses services de wilaya. Les pages officielles de ces opérateurs annoncent aussi les coupures programmées et les travaux de maintenance.
Les horaires de distribution et les travaux varient d’une commune à l’autre. Avant toute démarche, renseignez-vous auprès de votre opérateur d’eau ou de la direction de l’hydraulique de votre wilaya.
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