Éminent chirurgien thoracique d’origine algérienne, Rédha Souilamas a vu sa carrière en France s’interrompre prématurément. Obligé de s’expatrier pour continuer à exercer, il a transité par la Belgique avant de connaître une reconnaissance internationale majeure aux États-Unis et aux Émirats arabes unis. Son savoir-faire s’illustre particulièrement à travers une statistique impressionnante, puisqu’il compte désormais à son actif plus de 150 greffes pulmonaires réussies.
Véritable expert de la transplantation pulmonaire, Rédha Souilamas s’est illustré par son apport déterminant à la recherche médicale à travers le développement de procédés novateurs. Ses travaux portent notamment sur le reconditionnement ex vivo des greffons pulmonaires ainsi que sur les dispositifs d’assistance respiratoire artificielle destinés aux patients en attente de greffe.
Ces contributions techniques majeures soulignent son rôle de pionnier dans l’amélioration de la prise en charge et de la viabilité des transplantations à l’échelle internationale.
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Rédha Souilamas raconte son parcours dans « La Coulour du Bistouri »
Le chirurgien algérien Rédha Souilamas revient sur les épreuves de sa carrière dans son livre « La couleur du bistouri », où il dénonce les discriminations subies. À travers cet écrit, il explique comment ces difficultés ont influencé son itinéraire professionnel et son expatriation vers les États-Unis.
Originaire de Cherchell où il est né en 1956, Rédha Souilamas a débuté son parcours médical par l’obtention de son diplôme à la Faculté de Médecine d’Alger. Une fois ses obligations militaires accomplies, il a choisi de s’installer à Paris en 1989 afin d’entamer une spécialisation au sein de la prestigieuse Université Pierre et Marie Curie.
Le parcours académique et clinique de Rédha Souilamas en France témoigne d’une ascension rigoureuse au sein de l’élite médicale. Après avoir réussi les concours d’accès aux spécialités réservés aux praticiens étrangers, il s’est orienté vers la chirurgie générale, puis la chirurgie thoracique.
Au terme de cinq années de spécialisation intensive dans les hôpitaux et universités en France, il a obtenu son diplôme avant d’occuper, durant quatre ans, les fonctions de chef de clinique dans un service de chirurgie thoracique à Paris.
Parallèlement à ses fonctions cliniques, Rédha Souilamas a entrepris de valider l’équivalence de son doctorat auprès de la faculté de médecine de Paris. Cette démarche lui a permis d’obtenir le diplôme français de docteur en médecine, avant de parfaire son cursus quelques années plus tard en décrochant son titre de chirurgien spécialiste en chirurgie thoracique.
Du succès, mais aussi de la discrimination
réussissant le concours national des praticiens hospitaliers en chirurgie thoracique, fort de son inscription au Conseil de l’Ordre et de l’obtention de la nationalité française. Cette réussite lui a permis d’être nommé chirurgien des Hôpitaux de Paris, avant d’accéder au poste prestigieux de coordinateur du programme de transplantations pulmonaires au sein d’un grand établissement de la capitale françaises.
Cependant, cette promotion, qui aurait dû marquer l’apogée de sa carrière dans l’Hexagone, est rapidement devenue une source de tensions majeures. Paradoxalement, au lieu de lui offrir de nouvelles perspectives professionnelles, ses nouvelles responsabilités ont suscité des hostilités et marqué le début des difficultés qui allaient finalement le pousser à quitter le système hospitalier français.
En effet, Rédha Souilamas explique que cette marginalisation découlait directement de son profil : le milieu hospitalier peinait à accepter qu’un praticien d’origine étrangère, et plus spécifiquement algérienne, puisse acquérir une telle renommée et s’imposer comme une référence incontournable de la transplantation pulmonaire sur la scène internationale.
Refusant de se plier aux préjugés qui le destinaient à des rôles subalternes, le professeur Souilamas a fait preuve d’une résilience remarquable en s’imposant comme un pionnier de la chirurgie thoracique et en introduisant des innovations mondiales telles que la couveuse à poumons transportable.
La Belgique, les Etats-Unis et les Emirats arabes unis
En 2013, le chirurgien thoracique quitte définitivement la France pour s’installer en Belgique. Il y poursuit sa carrière en tant que professeur à l’Hôpital Erasme de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). La Belgique ne représentant qu’une phase de transition. Dès 2014, il quitte Bruxelles pour les États-Unis, avant de s’installer à Abou Dhabi.
Dans la capitale des Émirats arabes unis, il participe activement à l’ouverture du premier établissement hospitalier américain du pays. Ce mouvement marque une étape décisive de son parcours, orientée vers le développement d’infrastructures de santé de pointe au sein du Golfe.
Il y exercera ses fonctions jusqu’à la fin de l’année 2022. Après une parenthèse d’un an consacrée à une série de conférences internationales, le professeur Rédha Souilamas a été sollicité pour une nouvelle mission d’envergure : inaugurer et structurer un hôpital britannique venant d’ouvrir ses portes à Dubaï.
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