Drame du concert de Soolking : De lourdes peines requises à l’encontre des responsables

samedi 23 novembre 2019 à 15:16
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

L’enquête judiciaire déclenchée à la suite du drame survenu durant le concert du chanteur Soolking a fini par déboucher sur un procès qui s’est déroulé jeudi au tribunal de Sidi-M’hamed. Le procureur a requis trois ans de prison et des peines d’amende à l’encontre des six principaux accusés, dont l’ex-directeur de l’ONDA, et deux ans de réclusion à l’encontre de dix autres personnes.

Il est bientôt 20 h, horaire fixé pour le lancement du concert très attendu de Soolking, mais la plupart des citoyens qui attendent depuis de longues heures déjà ne sont toujours pas parvenus à passer les portes permettant l’accès au stade du 20-Août où se déroule Evènement. Un événement très attendu. Le chanteur fait partie de cette jeune génération qui a couru le risque de la harga à la recherche d’un horizon meilleur où il est l’un des rares à pouvoir entamer une carrière qui le mènera au sommet. De son exil, il produit un répertoire où figure l’une des chansons qui fait rapidement fureur en Algérie : La Liberté.

La presse française évoque la naissance d’un nouvel «hymne» au sein de la jeunesse algérienne, éprise de changements et de liberté. Ils viennent donc par centaines pour assister à la première prestation de leur vedette dans le pays.

Des familles accompagnées d’enfants qui connaissent par cœur la chanson sont également présentes en grand nombre. Une semaine auparavant, ils étaient déjà présents par milliers au niveau des points de vente de l’ONDA. Les fameux billets ont été vendus à travers six wilayas du pays. C’était une semaine auparavant, et la presse rapportait déjà à ce moment l’anarchie qui prévalait à ce moment.

Cette situation malheureuse s’est répétée le soir du drame qui a provoqué la mort de cinq personnes et blessé des dizaines d’autres. La suite est connue : cible d’une campagne la désignant comme responsable de la situation, la ministre de la Culture est relevée de ses fonctions, le directeur de l’ONDA et deux responsables de sociétés d’assurances sont arrêtés et placés sous mandat de dépôt.

Ces trois principaux mis en cause se trouvaient donc au banc des accusés ce jeudi au tribunal de Sidi-M’hamed. A leurs côtés, deux autres responsables de ces entreprises ainsi que celui d’une société privée spécialisée dans la sécurité et la surveillance. En tout, seize personnes comparaissent ce jour-là. Le procès s’ouvre tard, en fin d’après-midi, en raison du nombre important de procès programmés le même jour. Il est près de 17 h lorsque le procès commence.

Les avocats chargés de la défense des prévenus tentent d’obtenir un renvoi, mais le magistrat le refuse. Il auditionne les concernés un à un. L’un d’eux retient particulièrement l’attention. Celui du directeur de Net Système, l’entreprise qui s’était chargée de fournir les équipements de contrôle mis en place à l’entrée du stade. La lecture de la fiche technique de l’installation révèle que les trois appareils fixes et les autres appareils mobiles mis en place ce jour-là permettaient de laisser passer 6 300 tickets par la porte D, celle où s’est déroulé le drame.

Le mis en cause affirme au juge : il s’avère qu’en plus de trois heures de temps, seules 3 500 personnes ont pu accéder. Vers 19 h, la situation n’avait pas encore évolué. A 20h, des milliers de personnes en possession d’un ticket dûment acheté sont encore dans les files d’attente.

Le concert a déjà commencé. Furieux, des citoyens tentent de forcer le passage. Une énorme bousculade s’ensuit. De l’explication fournie par le directeur de Net Système, il en ressort une conclusion : l’accès au concert a été autorisé à des personnes ne possédant pas de tickets ou l’ayant acquis en seconde main. Le procureur de la République a d’ailleurs requis trois ans de prison ferme à l’encontre du chef du groupe de vigiles, en détention provisoire depuis le mois d’août dernier.

La même peine est requise à l’encontre de cinq autres personnes. Parmi elles, un cadre de l’ONDA et son ex-directeur Sami Bencheikh. Le procureur a, en outre, requis deux ans de prison à l’encontre de dix autres personnes, en majorité des agents présents le soir du drame. Le verdict sera rendu le 28 novembre prochain.

Abla Chéri

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