Douanes algériennes 2026 : devises, bijoux, cadeaux, médicaments… ce que vous pouvez emporter

Argent liquide, bijoux en or, cadeaux pour la famille, cigarettes ou médicaments : chaque voyage vers l’Algérie soulève les mêmes questions au moment de faire ses bagages. La réglementation douanière fixe des seuils de déclaration, des franchises et des tolérances. Il vaut mieux les connaître avant de passer la frontière. Voici le point, catégorie par catégorie.
Que l’on vive en Algérie ou à l’étranger, les règles douanières s’appliquent à chaque entrée et à chaque sortie du territoire. L’article 198 du Code des douanes autorise les voyageurs à déclarer oralement les marchandises qui les accompagnent. Toutefois, les agents peuvent exiger une déclaration écrite lorsque les objets présentés leur semblent avoir un caractère commercial.
Devises et objets de valeur : une déclaration au-delà de 1 000 €
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances oblige tout voyageur, résident ou non, algérien ou étranger, à déclarer à l’entrée comme à la sortie du territoire toute somme supérieure à 1 000 euros ou son équivalent en autres devises (article 129). Cette obligation ne vise pas seulement les billets. Elle englobe aussi les métaux précieux, les pierres précieuses et les autres moyens de paiement. Contrairement aux marchandises, ces sommes doivent être déclarées par écrit (article 124).
Les voyageurs non-résidents doivent en outre présenter, à la sortie, les justificatifs des opérations de change effectuées pendant leur séjour pour tout ou partie de la somme déclarée à l’entrée. Nous avions détaillé ces règles dans notre guide sur ce qu’il faut déclarer avant de voyager en Algérie.
La déclaration peut se faire en ligne, avant le voyage, sur la plateforme ALCES des Douanes algériennes. Cette plateforme permet aussi aux voyageurs véhiculés de souscrire leur titre de passage en douane.
Ne pas déclarer ces sommes expose aux sanctions prévues par la législation. Les récentes saisies de lingots d’or à l’aéroport d’Alger l’illustrent.
Le cas des bijoux en or
Les bijoux en or, en argent ou en platine entrent dans le champ de la déclaration. Le site des Douanes algériennes fixe un seuil de poids : la déclaration s’impose au-delà de 100 grammes à l’importation et de 150 grammes à l’exportation. Depuis 2026, la loi de finances inclut aussi les métaux et pierres précieux dans l’obligation de déclarer toute valeur supérieure à 1 000 euros. Au cours actuel de l’or, ce seuil de valeur peut être atteint bien avant 100 grammes.
En cas de doute, mieux vaut déclarer ses bijoux à l’entrée et conserver le document : il sera demandé à la sortie.
Objets personnels et cadeaux : la franchise
Les voyageurs peuvent importer, en franchise de droits et taxes, les objets et effets destinés à leur usage personnel ou familial, dans la limite de 150 000 DA, selon la page officielle des Douanes. Au-delà de ce seuil, et si l’importation reste occasionnelle et dépourvue de caractère commercial, les Douanes appliquent une taxation forfaitaire de 30 % de la valeur de la marchandise.
Les téléphones portables et le matériel informatique destinés à un usage personnel ou familial échappent à cette taxe forfaitaire. En revanche, l’importation de téléphones à des fins commerciales obéit à une réglementation spécifique.
La franchise exclut les objets qui présentent un caractère commercial par leur nature ou leur nombre, ainsi que les marchandises interdites à l’importation, protégées par des conventions internationales ou soumises à des formalités administratives particulières.
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Tabac, alcool, parfums : les tolérances
Certains produits bénéficient de tolérances en quantité, sans droits ni taxes. La page officielle des Douanes fixe les limites suivantes :
- Tabac : 200 cigarettes, ou 100 cigarillos, ou 50 cigares, ou 250 grammes de tabac ;
- Boissons alcoolisées : deux litres de vin ou un litre de spiritueux ;
- Parfums : 50 grammes de parfum ou un quart de litre d’eau de toilette.
Séjour temporaire : l’importation temporaire de vos affaires
Les voyageurs qui viennent séjourner temporairement en Algérie peuvent importer en franchise temporaire les objets destinés à leur usage personnel, à l’exception des objets interdits à l’importation. L’article 197 du Code des douanes prévoit ce régime, précisé par une décision du 30 juillet 1999. Ces objets doivent être réexportés à la fin du séjour, sauf s’ils sont mis à la consommation dans les conditions prévues par la réglementation. Selon une brochure des Douanes diffusée en 2025, les Algériens non-résidents disposent pour cela de six mois. En comparaison, les étrangers non-résidents disposent de trois mois. Ce délai peut être prolongé sur demande justifiée.
Les véhicules relèvent de dispositifs spécifiques. Pour un séjour temporaire, les voyageurs véhiculés souscrivent un titre de passage en douane. Pour une importation définitive lors d’un retour au pays, ils peuvent recourir au certificat de changement de résidence. Nous avions détaillé cette procédure dans notre article sur les nouvelles conditions du CCR.
Médicaments : ce qu’il faut prévoir
Les médicaments destinés à un traitement personnel font partie des effets du voyageur, à condition de rester dans des quantités correspondant à ses besoins. Les Douanes rappellent toutefois que l’importation de produits pharmaceutiques est encadrée et soumise, à titre commercial, à un agrément du ministère de la Santé. Pour éviter toute difficulté au contrôle, voyagez avec l’ordonnance correspondante. De plus, conservez les médicaments dans leur emballage d’origine, surtout pour un séjour prolongé.
Les règles peuvent varier selon la nature du traitement, notamment pour les médicaments psychotropes. Avant de voyager avec un traitement particulier, renseignez-vous auprès des services des douanes ou du consulat d’Algérie.
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En cas de dépassement : dépôt, taxes ou abandon
Les Douanes peuvent placer les objets en dépôt dans trois cas : à la demande du voyageur, lorsqu’elles ne peuvent pas dédouaner immédiatement les marchandises, par exemple si le voyageur ne peut pas régler les droits sur place, ou lorsque la réglementation interdit leur entrée. Dans ce cas, le voyageur dispose alors d’un mois pour régulariser sa situation. Passé ce délai, l’administration des douanes vend les marchandises. Le voyageur peut aussi choisir de les abandonner au profit du Trésor public.
Le défaut de déclaration, la non-présentation des sommes déclarées et les fausses déclarations exposent à des sanctions prévues par la législation, qui peuvent aller jusqu’à la saisie, comme lors de l’interception de 7 kg d’or et de 20 000 euros à l’aéroport d’Oran.
Nos conseils avant de partir
- Déclarez en cas de doute : une somme ou un bijou déclaré à l’entrée évite les difficultés à la sortie.
- Gardez vos justificatifs : factures d’achat, ordonnances et justificatifs de change peuvent vous être demandés.
- Utilisez les outils en ligne : la plateforme ALCES permet de préparer sa déclaration avant le voyage.
- Évitez le caractère commercial : plusieurs exemplaires d’un même produit peuvent faire perdre le bénéfice de la franchise.
Les seuils et les procédures douanières évoluent régulièrement avec les lois de finances. Il est recommandé de vérifier les règles en vigueur sur le site officiel des Douanes algériennes ou auprès du consulat avant chaque voyage. Vous éviterez ainsi toute confusion.
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