Doualemn : la justice française annule les arrêtés d’expulsion vers l’Algérie

Les arrêtés qui devaient conduire Boualem Naman hors de France n’ont plus aucune valeur. Le tribunal administratif de Paris les a effacés hier, mettant un terme à une bataille judiciaire ouverte il y a près de deux ans autour du tiktokeur sexagénaire connu sous le pseudonyme de « Doualemn ». Installé à Montpellier, cet agent de nettoyage d’une soixantaine d’années échappe désormais à toute mesure d’éloignement vers l’Algérie, selon les médias français qui ont relayé la décision.
Le jugement ne touche en revanche à rien sur le terrain pénal. La peine prononcée à son encontre demeure, puisque les juges administratifs se sont prononcés uniquement sur la légalité des décisions prises par l’administration française.
L’expulsion de Doualemn annulée après une procédure hors norme
Tout part d’un arrêté signé le 14 mars 2025. Quelques jours plus tard, l’influenceur est embarqué vers Alger. Mais les autorités algériennes refusent de l’accueillir et le renvoient aussitôt sur le sol français. Un aller-retour inédit, qui a donné à ce dossier une résonance bien au-delà du cas individuel.
À son arrivée, Boualem Naman est placé en rétention administrative. Il y restera environ trois mois, faute d’un accord permettant son éloignement effectif. Libéré, il se retrouve ensuite assigné à résidence à Montpellier, un statut qu’il aura supporté plus d’une année entière. Son avocate, Me Vanessa Edberg, contestait d’ailleurs cette contrainte devant les juges.
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Le tribunal administratif suit l’avis du rapporteur public
Le recours était examiné depuis le 3 septembre. À l’audience, le magistrat chargé de présenter une analyse indépendante du dossier avait plaidé sans détour pour l’effacement des mesures d’éloignement, ainsi que pour la restitution du titre de séjour. Les irrégularités relevées dans la procédure administrative pesaient lourd.
Cette orientation avait déjà laissé entrevoir l’issue d’aujourd’hui, comme le montrait l’avis favorable rendu en septembre dans le dossier Doualemn. Les juges l’ont finalement reprise à leur compte. Résultat : les arrêtés sont annulés et ne peuvent plus servir de base à une quelconque expulsion.
La question de l’assignation à résidence, prolongée bien au-delà de ce que prévoyait le calendrier initial, avait également été soulevée par la défense. Le cas rappelle d’autres situations ubuesques, à l’image de cet Algérien sans domicile fixe assigné à résidence puis relaxé par le tribunal correctionnel de Montpellier.
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La condamnation pénale de Boualem Naman reste acquise
Deux contentieux totalement distincts coexistent dans ce dossier. Le premier concerne les propos diffusés sur TikTok. Un signalement émanant du maire de Montpellier et du préfet de l’Hérault avait déclenché les poursuites. La qualification retenue fut celle de « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».
Cinq mois d’emprisonnement avec sursis avaient été prononcés en mars 2025. En juillet 2026, la cour d’appel a validé la peine infligée à l’ex-influenceur algérien, selon BFMTV. Rien dans le jugement administratif d’hier ne vient modifier cette réalité judiciaire.
Le second volet, purement administratif, portait sur la légalité des mesures d’éloignement. C’est celui-là qui vient de se refermer en faveur du tiktokeur. Autrement dit, un étranger peut avoir été condamné tout en bénéficiant de l’annulation d’une expulsion mal fondée en droit.
Une affaire devenue symbole des tensions entre Paris et Alger
Le dossier Doualemn a dépassé depuis longtemps le cadre d’une simple procédure individuelle. Il s’est invité dans le débat sur les expulsions d’Algériens depuis la France, sur fond de crispations diplomatiques entre les deux capitales. Chaque étape a été scrutée, commentée, instrumentalisée.
D’autres créateurs de contenu algériens ont connu des trajectoires judiciaires comparables, comme l’influenceur Zazou Youcef interpellé à Brest pour non-respect de son assignation. Les tribunaux du sud de la France, notamment à Montpellier, concentrent d’ailleurs plusieurs contentieux liés au séjour des ressortissants algériens, dont le procès de Robert Ménard pour un refus de mariage.
Pour Boualem Naman, la page administrative se tourne. L’homme retrouve une situation régulière, débarrassé de la menace d’un départ forcé. Sa condamnation, elle, restera inscrite à son casier.
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