Ce qui devait rester un simple tournage d’une publicité pour Ooredoo Algérie s’est transformé en un concert gratuit et spontané réunissant des milliers d’Algériens au cœur de la capitale.
Tout avait commencé comme un simple tournage. Une story Instagram énigmatique, quelques indices lâchés la veille, et le bouche-à-oreille numérique a fait le reste. Progressivement, la nouvelle s’est répandue dans les quartiers d’Alger : DJ Snake serait présent, quelque part près de la Grande Poste, ce soir-là.
Les premiers sont arrivés par curiosité, puis par dizaines, par centaines, jusqu’à former une foule massive. Sans billet, sans annonce officielle, sans protocole. Juste des Algériens réunis autour d’un événement inattendu.
Ce soir-là, la place de la Grande Poste s’est transformée en l’un des rassemblements les plus spontanés et les plus marquants qu’ait connus la capitale depuis longtemps.
Au cœur de cette nuit : DJ Snake, né William Grigahcine, artiste franco-algérien devenu l’une des figures majeures de la musique électronique mondiale. Debout derrière ses platines, il a mixé face à une marée humaine compacte, débordant sur les rues adjacentes.
Les images diffusées en ligne témoignent de l’ampleur de la foule et de l’intensité de l’événement, marqué par une énergie collective propre aux rassemblements nés en dehors de tout cadre officiel. Il ne s’agissait pas d’un concert annoncé : plutôt d’un moment exceptionnel, à la frontière entre performance et célébration spontanée.
Rassemblement à Alger : DJ Snake enflamme la Grande Poste
La façade néo-mauresque de la Grande Poste, chef-d’œuvre architectural inauguré en 1910, a servi de décor monumental à la scène. Selon plusieurs images circulant sur les réseaux sociaux, des jeux de lumière ont accompagné l’événement, renforçant l’impact visuel de la soirée.
Pour DJ Snake, ce retour à Alger prend une dimension particulière. L’artiste n’a jamais caché ses liens avec l’Algérie, pays d’origine de sa famille, où sa musique résonne avec une intensité singulière. Cette nuit-là, il ne s’agissait pas seulement d’un artiste international face à son public, mais d’un moment de connexion symbolique avec une partie de ses racines.
Cette soirée a été animée par les milliers d’Algériens qui ont levé les bras sous le ciel de mai, devant une Grande Poste illuminée, et qui ont partagé un moment rare au cœur de leur capitale.
DJ Snake a d’ailleurs, relayé l’évènement en stories Instagram, mais aussi via une publication dans laquelle il réexplique les circonstances inédites de ce concert :
« Ce qui devait être un tournage publicitaire pour @ooredooalgerie s’est transformé en un concert gratuit et spontané dans les rues d’Alger après une simple story Instagram »
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DJ Snake, la fierté franco-algérienne : l’artiste qui rempli les stades du monde entier
William Grigahcine, dit DJ Snake, né d’une mère algérienne, est aujourd’hui l’artiste français le plus écouté au monde avec plus de 30 milliards de streams. Retour sur un parcours hors norme.
Né le 13 juin 1986 à Paris d’un père français et d’une mère algérienne, William Sami Étienne Grigahcine a grandi à Ermont, dans le Val-d’Oise. Un quartier populaire qu’il décrivait lui-même comme « un ghetto », mais d’où il tirera toute sa force. Élevé seul par sa mère, il commence à mixer dès l’âge de 14 ans. Personne ne l’aurait imaginé, des années plus tard, remplir le Stade de France.
C’est dans les clubs parisiens qu’il se forge. Il se fait repérer aux Bains Douches, où son manager Steve Goncalves l’encourage à créer sa propre musique. En 2012, une première consécration discrète mais fondatrice : il est nommé aux Grammy Awards comme producteur sur l’album Born This Way de Lady Gaga.
L’explosion internationale arrive en 2013 avec « Turn Down for What », en duo avec Lil Jon. Le titre cartonne dans le monde entier et lui vaut un MTV Video Music Award en 2014. Puis en 2015, c’est le tsunami : « Lean On », avec Major Lazer et MØ, devient l’un des singles les plus streamés de l’histoire de la musique. Classé numéro 1 dans neuf pays, certifié Diamant en France.
Une fierté algérienne, un symbole universel
Les collaborations s’enchaînent à un rythme effréné : Justin Bieber, Selena Gomez, Ozuna, Cardi B, Diplo… Pas de frontières pour DJ Snake. En 2022, il sort Disco Maghreb, un titre hommage à la maison de disques oranaise qui a révélé les stars du raï dans les années 1980. Un clin d’œil à ses racines algériennes qui fera même parler jusqu’à l’Élysée.
Couronné trois fois DJ de l’année aux NRJ Music Awards (2018, 2019, 2020), classé parmi les Français les plus influents au monde par Vanity Fair, il enchaîne les exploits scéniques : la Paris La Défense Arena en 2020, le Parc des Princes devant 60 000 fans en 2022, puis le Stade de France le 10 mai 2025, où il annonce son troisième album Nomad. Les 80 000 billets avaient été vendus en quelques minutes.
Début 2026, l’artiste annonce une pause forcée pour raisons de santé, après une intervention chirurgicale. Il promet à ses fans un retour en grande forme. La communauté algérienne, fière de lui comme de l’un des siens, lui a témoigné un soutien massif sur les réseaux sociaux.
Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune en juin 2025, DJ Snake incarne aujourd’hui bien plus qu’un artiste : il est le symbole d’une réussite à la fois française et algérienne, construite à la force du talent et de l’acharnement.
