L’artiste peintre Otmane Mersali : «Les vieux quartiers, mon inspiration !»

L’artiste peintre Otmane Mersali : «Les vieux quartiers, mon inspiration !»

Soucieux du détail et de pérenniser ces faubourgs des villes visitées qu’il semble admirer, l’artiste talentueux Otmane Mersali les magnifie à sa manière selon sa vision et sa sensibilité. Proche des gens et à l’écoute de ce qui l’entoure, il vibre comme ses cités qu’il côtoie tout en captant leurs moindres changements. Tel un photographe, il saisit au vol cet instant qu’il sublime et immortalise. Avec précision, et avec une palette colorée sobrement mais intense et pleine de robustesse par ses multiples nuances, le plasticien donne un superbe rendu selon ses aspirations de ces cités méditerranéennes et de Paris. En quête de nouveauté et d’inédit, il cherche toujours l’excellence dans sa peinture afin de se renouveler ; une capacité de changement propre à tout véritable artiste. Dans cet entretien, Otmane Mersali évoque son travail et sa passion de la peinture.

 

Le Temps d’Algérie : Dans quel style vous vous inscrivez ?

Otmane Mersali : Mon style est un peu particulier et découle d’une influence depuis l’Ecole des Beaux-Arts d’Oran, de l’école impressionniste , une nouvelle tendance de l’époque qui a révolutionné la peinture d’alors qui était le romantisme et qui, avant l’arrivée de la photographie, était dans son rôle de reproduire fidèlement la nature et les hommes. Les nouvelles techniques de la photo ont permis justement aux artistes de jouer leur vrai rôle de créateurs et non plus seulement celui de reproducteurs. Et c’est dans cette optique que j’essaie de trouver ma voie en allant plus loin que l’impressionnisme, un style qui s’apparente à l’impressionnisme à qui un jour, il faut trouver un nom.

Pourquoi un tel titre «Bourgs et faubourgs» ?

C’est à ma dernière exposition au Centre culturel algérien de Paris, que j’ai trouvé ce titre «Fragmentation».

Vous avez une prédilection pour tout ce qui est urbain, particulièrement les venelles. Pourquoi ?

Dans toutes mes créations, les thèmes qui prédominent sont les quartiers populaires que le grand Jacques Brel appelle dans une des ses chansons les «les bicotes», c’est-à-dire les vieux quartiers un peu délabrés et surtout à l’étude de la lumière. Cela peut-être un quartier des faubourgs d’Oran, de Paris, de Marrakech ou une ruelle de la Casbah.

Pourquoi cette prédominance de la couleur bleue sous diverses nuances ?

Tout est prétexte pour une étude de la lumière ou une belle composition qui, au départ, est une reproduction plus ou moins fidèle du thème choisi et, ensuite, par une destruction, ou plutôt une fragmentation de ce même thème pour arriver à une abstraction partielle du sujet du départ avec une dominance de couleur choisie par rapport au thème ou tout simplement une inspiration du moment, soit souvent une dominance bleue, rouge, ocre, grise etc. Et cela, pour ne pas tomber dans le répétitif et donc la monotonie ou l’ennui du public. J’ai par expérience vu des artistes «trouvaient» l’astuce et faire des sujets qui se répètent. Et j’ai souvent entendu cette formule dans certaines expositions : «on voit une, on les a toutes vues».

C’est pourquoi l’artiste doit se remettre en cause de temps en temps pour pouvoir avancer sinon, il stagne.

Vos projets picturaux ?

Mes futurs projets, c’est peindre et encore peindre et, bien sûr, exposer si on veut bien m’inviter à le faire avec un plus de moins que cette fois-ci. Les plasticiens ne demandent pas plus que les moyens qui sont offerts aux chanteurs, par exemple, quand ils sont invités à se produire en Algérie. Pourquoi un chanteur, un conférencier est–il pris en charge complètement et c’est légitime et le plasticien doit tout payer de sa poche quand il est invité à exposer dans son pays. L’idéal, c’est qu’il y ait des ventes et cela n’est toujours pas évident.