Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred , a exhorté les banques et les institutions financières à intensifier leurs efforts de communication à travers l’organisation de rencontres périodiques. L’objectif est de clarifier les nouvelles dispositions récemment introduites par la Banque d’Algérie concernant le dispositif « Connaître son client » (KYC – Know Your Customer).
S’exprimant ce lundi 18 mai lors d’une journée d’étude organisée par la Banque d’Algérie et dédiée à la directive sur la connaissance du client, le ministre a souligné l’urgence de cette démarche : « Les banques et les institutions financières sont aujourd’hui appelées à multiplier les sessions d’explication pour détailler ces nouvelles procédures et expliciter les modalités d’application de cette directive auprès de leur personnel.
Ce sont les agences bancaires qui se trouvent en première ligne avec le citoyen et les opérateurs économiques, en particulier les commerçants », a-t-il déclaré.
Cet événement a vu la participation de plusieurs membres du gouvernement, de présidents et directeurs de banques, d’institutions financières, de représentants d’Algérie Poste, ainsi que de hauts responsables d’administrations publiques et d’experts du secteur financier.
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M. Bouzred a rappelé que ces nouvelles mesures de la Banque d’Algérie s’inscrivent en droite ligne avec les dispositions de la loi de finances pour 2026, évoquant notamment le mécanisme de régularisation volontaire de la situation fiscale des commerçants et des opérateurs économiques.
Il a également qualifié cette directive d’initiative cruciale pour accompagner les réformes structurelles engagées par le secteur des finances afin de lutter contre la fraude et les transactions suspectes.
Commerce extérieur : Une alliance inédite pour traquer la fraude financière
De son côté, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a mis en avant l’importance stratégique de cette directive. Il a révélé qu’un travail conjoint avait été mené entre les services de son ministère, l’Association des banques et établissements financiers, les Douanes et la Banque d’Algérie pour assainir l’activité du commerce extérieur.
Saluant les efforts transversaux ayant permis de nettoyer le registre du commerce, M. Rezig a indiqué que plus de 43 000 registres du commerce avaient été assainis au cours des années 2020 et 2021. Cette opération a conduit à la suspension de plus de 12 000 registres du commerce fictifs liés à des comptes bancaires.

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Selon lui, ces nouvelles règles permettront non seulement de moraliser l’activité financière, mais aussi d’apporter une plus grande transparence aux opérations d’import-export.
Pour sa part, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a estimé que ce nouveau dispositif constitue un levier d’intégration pour les acteurs de l’économie informelle vers le circuit officiel. C’est, selon elle, une opportunité pour ces opérateurs de se rapprocher des banques, de déclarer leurs fonds, de se conformer aux exigences de l’inclusion financière et de régulariser leur situation vis-à-vis du fisc.
Plus de 30 millions de comptes : Le défi de la progressivité
Abondant dans le même sens, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a qualifié la mesure de « vitale » pour permettre aux banques de disposer de données précises sur leur clientèle, rappelant que l’Algérie compte aujourd’hui plus de 30 millions de comptes bancaires et postaux.
M. Zerrouki a néanmoins plaidé pour une mise en œuvre progressive de ces nouvelles dispositions. Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte les capacités logistiques des banques et de préparer adéquatement les agences à accueillir un flux important de clients et de dépôts. L’aboutissement de cette réforme exige, selon lui, une forte mobilisation et une coordination étroite de l’ensemble des acteurs du secteur financier.
Pour rappel, la Banque d’Algérie a récemment publié une nouvelle directive fixant les procédures de connaissance client (KYC) applicables aux banques, aux établissements financiers ainsi qu’aux services financiers d’Algérie Poste.
Ce texte vient en application des dispositions du règlement n° 24-03 du 24 juillet 2024, relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
