Disparus de la décennie noire : Les chiffres contestés

Disparus de la décennie noire : Les chiffres contestés

noire.jpgLa présidente du collectif des familles des disparus activant en France, Mme Dutour, et la responsable de l’association activant en Algérie sous la bannière de SOS Disparus basée à Alger et présidée par la mère de Dutour, Mme Fatima Youss, ont démenti les chiffres avancés sur le nombre de disparus par la cellule d’assistance judiciaire pour l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale

Ces dernières ont indiqué dans une déclaration rendue publique jeudi que «ces familles ne sont pas prêtes à vendre leurs maris ou leurs enfants en contrepartie d’argent» faisant allusion aux indemnisations concédées par l’état aux familles. Selon les chiffres de la cellule, le nombre de disparus serait au nombre de 6420 sur les 6544 recensés.

«Des jugements de décès ont été prononcés pour les disparus dont les dossiers ont été traités et les familles indemnisées», a précisé Maître Azzi, qui préside la cellule d’assistance judiciaire,

lors d’une conférence-débat au Forum El-Moudjahid. Ce dernier devait affirmer que «seuls 124 dossiers de disparus demeurent encore en attente de traitement du fait de l’absence de constat de disparition, document que les familles n’ont put obtenir pour convoiter des jugements de décès».

Il a révélé que «12 familles de disparus refusent les indemnisations proposées par l’Etat». A ce sujet, la représentante du collectif installé en France affirme dans une déclaration rendue publique, dimanche dernier, qu’il n’y a pas que «12 familles de disparus qui ont refusé l’indemnisation offerte par l’État.

Elles sont entre 1300 et 1500 à travers tout le territoire national». L’association SOS Disparus estime dans un communiqué que le nombre réel de disparus s’élève à plus de 8000.

Mme Dutour dénonce également les propos de M. Azzi qui parle d’exploitation des familles de disparus faite par «certaines associations en collaboration avec des organisations internationales qualifiant ces dires de «méprisants».

«On parle toujours de manipulation comme si on n’était pas en mesure de raisonner et de discerner et à fortiori quand des femmes expriment des revendications

Comment une mère qui a perdu ce qu’elle a de plus cher au monde peut-elle accepter d’être manipulé ?» affirme-t-elle dans le même document. De l’avis de la représentante de SOS Disparus en France, «le pouvoir semble vouloir imposer une culture de l’oubli que nous refusons», ajoutant que «les indemnisations ne sont qu’un moyen de faire taire les familles».

Par D. Mentouri