Discours de haine ciblant une fille de 8 ans : trois ans de prison requis contre l’auteur de la vidéo

Le procureur de la République près le tribunal de Boufarik a requis, ce mercredi soir, une peine de trois ans de prison ferme assortie d’une amende de 300 000 DA à l’encontre de l’accusé répondant aux initiales « S.A».
Placé en détention provisoire le 3 août dernier selon la procédure de comparution immédiate, le prévenu est poursuivi pour discrimination et atteinte à la vie privée d’un enfant par le biais de publications préjudiciables.
Des faits prévus et punis par les articles 2 et 31 de la loi n° 20-05 relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine, ainsi que l’article 140 de la loi n° 15-12 relative à la protection de l’enfant.
Cette affaire fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une séquence vidéo contenant des propos extrémistes, contraires à la morale et aux bonnes mœurs, véhiculant un discours discriminatoire et incitant à la haine envers les enfants en raison de leur tenue vestimentaire.
L’accusé : « Mon intention était de conseiller, je m’excuse pour le choix de mes mots »
Présenté en fin d’après-midi devant le tribunal de Boufarik pour répondre des griefs retenus contre lui, le prévenu a reconnu avoir publié la vidéo dans laquelle il évoquait des comportements observés dans la rue.
Répondant aux interrogations du juge concernant ses propos véhéments envers une fillette de 8 ans, il a affirmé que son unique intention était de prodiguer des conseils aux parents et au public, sans volonté de nuire à quiconque, ni à la jeune fille.
L’accusé a expliqué avoir été dépassé par les termes employés avant de supprimer la vidéo suite à une vague de critiques et d’insultes. Il a ajouté avoir publié par la suite une seconde vidéo pour présenter ses excuses, reconnaissant son erreur dans le choix des mots.
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Evoquant son niveau scolaire (deuxième année moyenne) et sa profession de maçon, il a suggéré que cela avait pu contribuer à son manque de maîtrise du langage, réitérant devant la cour : « Mon cœur est exempt de toute méchanceté ».
La partie civile : « L’objectif est la protection de l’enfance »
De son côté, la défense de l’Organisme national de protection de l’enfance a insisté lors de sa plaidoirie sur la nécessité de ne pas sortir l’affaire de son contexte juridique ni de la laisser être instrumentalisée pour semer la discorde, alors que le dossier a pris une ampleur médiatique nationale et internationale.
Le représentant de la partie civile a précisé que le dossier ne revêt aucun caractère religieux et s’inscrit exclusivement dans le cadre strict de la protection de l’enfance.
Rappelant que l’Algérie a ratifié les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant et qu’une cellule de veille cybernétique a été mise en place au sein de l’organisme, l’avocat a souligné la légitimité de l’institution à engager des poursuites en cas de danger pour un mineur.
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Il a précisé que la démarche ne visait pas la personne de l’accusé mais l’acte lui-même, en raison de la gravité des détails et des descriptions formulés à l’encontre de la fillette, dont les répercussions psychologiques demeurent sérieuses, quelle qu’ait pu être l’intention initiale.
Pour sa part, la défense du prévenu a soutenu l’absence d’élément moral (l’intention criminelle), soulignant que l’accusé n’avait cité ni le nom, ni l’identité, ni la qualité de l’enfant.
Estimant que le corps du délit n’était pas constitué, l’avocat a affirmé que son client cherchait uniquement à sensibiliser face à la hausse des agressions sexuelles sur les mineurs.
Parquet de la République : « L’enfant est une ligne rouge »
Prenant la parole, le procureur de la République a martelé lors de son réquisitoire que « l’enfant constitue une ligne rouge franchie de manière inacceptable », rappelant que la protection des mineurs est une responsabilité collective.
Après avoir requis une peine de trois ans de prison ferme et 300 000 DA d’amende, le ministère public a demandé le maintien en détention de l’accusé. Le délibéré a été fixé au 12 août prochain.








