Dilapidation du foncier agricole: des enquêtes sont indispensables pour identifier les auteurs

jeudi 12 septembre 2019 à 12:08
Source de l'article : Radioalgerie.dz

«Beaucoup de terres ont été déclassées. Ça peut être le fait de l’Etat qui les destine aux logements sociaux par exemple, mais c’est souvent le fait de particuliers qui les détournent tout simplement», a dénoncé l’expert en agronomie, Fouad Chehat, tout en plaidant en faveur d’enquêtes pour établir la vérité sur ce phénomène qui condamne la société algérienne à la dépendance.  

S’exprimant dans l’émission L’invité de la rédaction, M. Chehat est revenu sur la gestion du foncier agricole et sur les politiques responsables de cette dilapidation. Selon lui, le détournement des terres agricoles  a commencé avec «la promulgation de la loi de 1983 qui accorde des concessions agricoles pour devenir ensuite des propriétés privées».  Cette démarche, analyse l’invité de la rédaction, a complètement désorienté la propriété terrienne en Algérie. «A partir de ce moment là, note-t-il, beaucoup de terres ont été données à des personnes qui se présentaient comme des investisseurs qui ne dépensais rien mais prenaient la terre  et d’autres sont attribuées à des citadins sans connaissances en agriculture et dépourvus de moyens».

«Le cas d’EL Bayadh est symptomatique»   

Pour étayer ces propos, M. Chehat cite le scandale d’El Bayadh concernant «l’attribution de vastes superficies à patron spécialisés dans els travaux public». Loin d’être un cas isolé, cette révélation est «symptomatique» de la politique agricole nationale, estime-t-il.

M. Chehat a dénoncé un comportement des investisseurs semblable à celui des colons. «Dans l’imaginaire de Algériens aisés financièrement y’a une volonté de faire comme les colons et avoir des fermes et des chevaux…». Cependant, rappelle-t-il, le moteur le plus important est l’intérêt. «Les porteurs de capitaux savent quand on investit dans la terre on ne perd rien», explique-t-il, en précisant qu’en dépit des pertes d’investissements sur la production, une terre acquise gratuitement reste un capital qui prend de plus en plus de la valeur.

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