Comprendre le diabète avec le Pr Adlen Zaamouche : définition, symptômes et risques

Et si vous étiez diabétique sans le savoir depuis plusieurs années ? C’est le cas de nombreux Algériens, selon le Pr Adlen Zaamouche : le diabète de type 2 peut évoluer en silence pendant près de six ans avant d’être détecté. Alors que la maladie touche désormais 17% des adultes en Algérie, le spécialiste explique qui est concerné, quels signes doivent alerter, et pourquoi un simple test sanguin peut tout changer.
Le diabète de type 2 progresse en Algérie et représente un véritable enjeu de santé publique. Pourtant, cette maladie peut évoluer pendant plusieurs années sans provoquer de symptômes apparents. Dans le premier épisode de Diabète360, le Pr Adlen Zaamouche, spécialiste en médecine interne, revient sur les mécanismes de cette pathologie, les critères permettant de la diagnostiquer et les profils les plus exposés. Le spécialiste alerte également sur l’évolution de sa prévalence en Algérie et insiste sur l’importance du dépistage précoce.
Diabète de type 2 : une maladie chronique qui peut rester silencieuse pendant des années
Pour commencer, le Pr Adlen Zaamouche rappelle que le diabète de type 2 est une maladie chronique, mais aussi une pathologie qui peut rester longtemps asymptomatique. Une particularité qui complique son diagnostic et retarde parfois sa prise en charge.
Sur le plan médical, le diabète se caractérise par une hyperglycémie chronique, autrement dit une élévation persistante du taux de sucre dans le sang. Pour établir le diagnostic, le spécialiste rappelle deux principaux critères biologiques.
Le premier repose sur la glycémie à jeun, mesurée après au moins huit heures sans apport alimentaire. Un taux supérieur ou égal à 1,26 g/l, confirmé à deux reprises, permet de poser le diagnostic de diabète.
Le second repose sur le dosage de l’hémoglobine glyquée, également appelée HbA1c. Cette analyse permet d’évaluer la moyenne de la glycémie au cours des deux à trois derniers mois. Un résultat supérieur ou égal à 6,5 % constitue également un critère diagnostique du diabète.
Ces seuils biologiques permettent de confirmer la présence de la maladie, mais il reste ensuite nécessaire d’en déterminer le type afin d’adapter la prise en charge.
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Diabète de type 1 et de type 2 : quelles sont les différences ?
Le Pr Adlen Zaamouche distingue les deux principales formes de diabète, qui ne reposent pas sur les mêmes mécanismes et ne nécessitent pas les mêmes traitements.
Le diabète de type 1, généralement diagnostiqué chez les enfants et les jeunes, se caractérise par une absence quasi totale de production d’insuline par l’organisme. Dans ce cas, le traitement repose nécessairement sur l’administration d’insuline pour compenser cette carence.
Le diabète de type 2, en revanche, représente la grande majorité des cas. Selon le spécialiste, il concerne environ 95 % des personnes diabétiques. Il apparaît plus fréquemment à l’âge adulte et se caractérise non pas par une absence totale d’insuline, mais par une production insuffisante au regard des besoins de l’organisme, à laquelle peut s’ajouter une mauvaise utilisation de cette hormone par les cellules.
Cette distinction permet notamment de comprendre pourquoi certains patients commencent leur traitement par des comprimés, sans avoir nécessairement recours à l’insuline dès le diagnostic. Toutefois, comme l’explique le Pr Zaamouche, une insulinothérapie peut devenir nécessaire après plusieurs années d’évolution de la maladie.
Pourquoi le diabète de type 2 peut-il passer inaperçu pendant six ans ?
C’est l’un des principaux points d’alerte soulevés par le spécialiste : le diabète de type 2 peut évoluer silencieusement pendant plusieurs années avant d’être diagnostiqué.
Le Pr Adlen Zaamouche évoque une période moyenne de latence diagnostique d’environ six ans. Autrement dit, certaines personnes peuvent vivre avec un diabète sans savoir qu’elles sont concernées.
Les symptômes les plus connus sont pourtant bien identifiés : une soif excessive, des envies fréquentes d’uriner, notamment pendant la nuit, ou encore une perte de poids inexpliquée.
Cependant, ces manifestations apparaissent généralement lorsque la glycémie atteint des niveaux particulièrement élevés, autour de 2,5 à 3 g/l ou davantage, selon les explications du spécialiste.
À des niveaux moins élevés, même lorsque la glycémie atteint 2 ou 2,5 g/l, le patient peut ne ressentir aucun symptôme particulier. C’est précisément cette absence de signes visibles qui rend le dépistage indispensable.
L’absence de symptômes ne signifie donc pas l’absence de maladie. Attendre l’apparition des premières manifestations pour consulter peut retarder considérablement le diagnostic et la prise en charge.
Diabète : quelles sont les personnes qui doivent se faire dépister ?
Face à cette évolution silencieuse, le Pr Zaamouche insiste sur la nécessité de proposer un dépistage aux personnes présentant des facteurs de risque.
Il identifie notamment plusieurs profils particulièrement concernés :
- Les personnes âgées de 40 ans et plus ;
- Les personnes en surpoids ou présentant une obésité ;
- Les personnes ayant des antécédents familiaux de diabète ;
- Les femmes ayant donné naissance à de gros bébés lors de précédentes grossesses.
Pour ces populations, le spécialiste recommande de réaliser une glycémie à jeun afin de rechercher un éventuel diabète de type 2.
Cette démarche permet de détecter la maladie avant même l’apparition des premiers symptômes. Elle offre également la possibilité d’engager une prise en charge adaptée dès les premiers stades de son évolution.
Le message du spécialiste est donc clair : il ne faut pas attendre d’avoir soif en permanence, de multiplier les passages aux toilettes ou de perdre du poids pour penser au diabète. Chez les personnes à risque, un simple examen biologique peut permettre de repérer la maladie.
Diabète de type 2 en Algérie : une prévalence qui atteint 17 % chez les adultes
Si le Pr Adlen Zaamouche insiste autant sur la sensibilisation et le dépistage, c’est aussi en raison de l’évolution préoccupante du diabète de type 2 en Algérie.
Les chiffres qu’il avance dans cette première intervention de Diabète360 illustrent l’ampleur du phénomène. En 1998, la prévalence du diabète de type 2 chez les adultes était estimée à 8,8 %. En 2017, cette proportion atteignait déjà 14,4 % de la population adulte âgée de plus de 19 ans.
Plus récemment, les estimations de la Fédération internationale du diabète (FID), citées par le spécialiste, situent cette prévalence autour de 17 % en Algérie.
Cette progression témoigne d’une évolution importante de la maladie dans le pays et renforce la nécessité d’agir en matière de prévention, d’information et de dépistage.
Au-delà des chiffres, le problème réside aussi dans le caractère silencieux de la pathologie. Une partie des personnes concernées peut ignorer qu’elle est diabétique, ce qui retarde d’autant la mise en place d’un suivi médical.
C’est justement pour répondre à cet enjeu que le Pr Zaamouche rappelle l’objectif de Diabète360 : sensibiliser le grand public, expliquer ce qu’est réellement le diabète et encourager les personnes présentant des facteurs de risque à se faire dépister.
Diabète de type 2 : des complications qui peuvent toucher le cœur, les yeux et les reins
Dans Parlons Diabète, le Pr Ali Behidj, diabétologue, revient à son tour sur les particularités du diabète de type 2 et les risques associés à son évolution. Le spécialiste rappelle que cette forme de diabète est de loin la plus fréquente, puisqu’elle représente plus de 90 % des cas de diabète.
Il insiste surtout sur les complications que peut entraîner une hyperglycémie chronique lorsqu’elle n’est pas correctement prise en charge.
Parmi les conséquences les plus préoccupantes figurent les complications cardiovasculaires, susceptibles d’engager le pronostic vital du patient. Le diabète peut également provoquer des atteintes oculaires et rénales, avec des conséquences parfois importantes sur la qualité de vie.
Face à ces risques, le Pr Behidj souligne l’importance d’une prise en charge thérapeutique précoce et intensive. Il rappelle également que le régime alimentaire doit faire partie intégrante de la prise en charge des patients diabétiques.
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Diabète360 : une série de vidéos avec plusieurs spécialistes
Ce premier épisode marque le lancement de Diabète360, une nouvelle série vidéo proposée durant ce mois de novembre. Son objectif est de donner la parole à des professionnels de santé pour aborder le diabète et ses différentes problématiques, mieux faire comprendre cette maladie et sensibiliser le grand public à ses enjeux.
Après le Pr Adlen Zaamouche et le Pr Ali Behidj, la série accueillera également plusieurs autres spécialistes, notamment le Pr Safia Mimouni, le Pr Khadra Faraoun et le Pr Nazim Laraba.
Suivez la diffusion progressive des différents épisodes jusqu’en décembre sur les réseaux sociaux d’Algérie360, notamment Facebook et Instagram, ainsi que sur notre chaîne YouTube.
À travers ce rendez-vous, Algérie360 entend proposer un contenu consacré à la santé et au diabète, en s’appuyant sur les explications de spécialistes pour apporter au public des informations accessibles et mieux faire connaître les enjeux de cette maladie.








