Détérioration des routes en Algérie : le Ministère des Travaux publics dévoile la cause

Détérioration des routes en Algérie : le Ministère des Travaux publics dévoile la cause
Abdelkader Djellaoui

Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a officiellement tranché : la dégradation accélérée du réseau routier national est causée en priorité par la surcharge généralisée des véhicules poids lourds.

Face à ce fléau qui engloutit chaque année près de 30 % du budget du secteur pour la seule maintenance des routes, le gouvernement s’allie à la Gendarmerie nationale pour déployer un arsenal de contrôle sans précédent et imposer la tolérance zéro sur le terrain.

Le gouvernement passe à la vitesse supérieure dans la protection de son patrimoine routier. Face aux ravages causés par le non-respect des tonnages réglementaires, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a plaidé pour une mobilisation intersectorielle « permanente ».

Lors d’une journée d’étude et de sensibilisation co-organisée à Alger avec la Gendarmerie nationale, le ministre a rappelé que la surcharge des véhicules lourds ne représentait pas seulement un défi logistique, mais une menace frontale pour l’intégrité des infrastructures et la vie des usagers.

Un gouffre financier et humain

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La circulation de camions au-delà des limites autorisées accélère le vieillissement des routes, des ponts et des ouvrages d’art.

Les conséquences budgétaires sont lourdes : l’État se voit contraint d’allouer chaque année près de 30 % du budget de son secteur aux seuls travaux de maintenance et de réhabilitation du réseau routier.

Au-delà de l’impact financier, le coût humain demeure alarmant. Selon le bilan communiqué par le commandement de la Gendarmerie nationale (CGN) pour l’année écoulée, l’Algérie a enregistré 7 735 accidents de la circulation, qui ont coûté la vie à 2 996 personnes et fait 13 504 blessés.

Les autorités rappellent que le facteur humain — et notamment le mépris des règles élémentaires du code de la route — est à l’origine de 92 % de ces drames.

« La préservation des vies humaines et la protection des infrastructures constituent une responsabilité collective qui exige la mobilisation des efforts de tous. » précise Abdelkader Djellaoui, ministre des Travaux publics.

Arsenal technique et tolérance zéro sur le terrain

Pour inverser la tendance, le ministère s’appuie sur le nouveau code de la route et déploie de nouveaux outils de dissuasion.

Alors que les infrastructures sont désormais conçues pour supporter une charge maximale de 13 tonnes par essieu, les contrôles vont se densifier grâce à une approche technologique modernisée.

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Le ministère a d’ores et déjà fait l’acquisition de 124 stations mobiles de pesage. Ces équipements de pointe intègrent des plateformes sans fil capables de transmettre instantanément les données de pesée à distance, facilitant ainsi le travail des agents verbalisateurs.

Une alliance stratégique avec la Gendarmerie

Afin de rendre ces contrôles opérationnels partout sur le territoire, une convention-cadre a été officiellement signée entre le ministère et le CGN. Cet accord prévoit de doter directement les unités de la Gendarmerie nationale de ces stations de pesage mobiles.

Les forces de l’ordre pourront ainsi mener des contrôles inopinés et systématiques sur l’ensemble du réseau routier et autoroutier, bloquant immédiatement les contrevenants.

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Contrôle technique : des milliers de véhicules recalés

La rigueur est également de mise dans les centres de contrôle technique. L’Établissement national de contrôle technique automobile a révélé qu’en 2025, plus de 6 millions de véhicules sont passés entre les mains des inspecteurs.

Ces vérifications ont permis d’écarter le danger à temps dans de nombreux cas :

  • 2 139 véhicules ont fait l’objet d’une immobilisation immédiate pour danger imminent.
  • 117 538 véhicules ont été soumis à une contre-visite obligatoire.

Les anomalies détectées concernaient en priorité des organes de sécurité vitaux, à savoir les systèmes de freinage, les mécanismes de direction et les dispositifs de signalisation.

Face à ce constat, le ministre a insisté sur le fait que la répression ne suffira pas. Une coordination étroite doit se poursuivre entre les ministères de l’Intérieur, des Transports, de la Justice et la Gendarmerie, parallèlement à des campagnes de sensibilisation agressives pour inciter les professionnels du transport à adopter une culture de responsabilité sur la route.