Le Conseil judiciaire d’Alger examinera, ce mardi 6 janvier, une possibilité de mise en liberté de Saïda Neghza, détenue depuis près de sept mois à l’établissement pénitentiaire de Koléa. Et ce, suite à une demande formulée par l’ancienne présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) pour des raisons de santé.
Selon le média « Echourok Online », la requête sera débattue lors d’une audience publique devant la formation de jugement de la dixième chambre pénale du Conseil judiciaire d’Alger, dernière juridiction à avoir statué sur cette affaire. La demande s’appuie sur les dispositions de l’article 208 du Code de procédure pénale, qui autorisent l’accusé ou son avocat à solliciter la mise en liberté à tout moment auprès du juge d’instruction.
Pourquoi la défense de Neghza plaide pour sa libération ?
Par ailleurs, et selon la même source, le collectif de défense de Saïda Neghza plaidera également contre la mesure de placement en détention provisoire décidée dans une autre affaire, dans laquelle elle est poursuivie pour plusieurs délits, notamment l’abandon de déchets dangereux dans des sites non autorisés, la construction d’ouvrages sur des terrains domaniaux occupés illégalement, ainsi que l’exercice d’une activité classée sans licence d’exploitation.
Ces faits sont prévus et réprimés par l’article 64 de la loi relative à la gestion, au contrôle et à l’élimination des déchets, l’article 102 de la loi sur la protection de l’environnement dans le cadre du développement durable, ainsi que les articles 17 (alinéa 2) et 26 de la loi relative à la protection des terres de l’État et à leur préservation. C’est sur cette base que le juge d’instruction avait ordonné son placement en détention provisoire.
🟢 À LIRE AUSSI : Corruption en Algérie : 15 dossiers transmis à la justice par l’Instance de transparence
La demande de mise en liberté est étayée par un dossier médical complet et détaillé, faisant état d’une dégradation alarmante de l’état de santé de Saïda Neghza depuis son incarcération. Selon toujours « Echourouk Online », la détenue souffrirait de plusieurs pathologies graves nécessitant une prise en charge médicale spécialisée et urgente, impossible à assurer au sein de l’établissement pénitentiaire, comme le confirment les rapports médicaux joints au dossier. L’impossibilité pour la détenue de respecter ses rendez-vous thérapeutiques réguliers a aggravé sa situation, d’autant plus qu’elle est hospitalisée depuis un mois en vue de subir une intervention chirurgicale. Une situation qui, selon la défense, met directement sa vie en danger et justifie une libération pour raisons sanitaires.
Saïda Neghza condamnée à 4 ans de prison ferme
Pour rappel, la dixième chambre pénale du Conseil judiciaire d’Alger avait condamné, le 9 juillet 2025, Saïda Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hammadi à quatre ans de prison ferme assortis d’une amende d’un million de dinars algériens, pour des faits liés à l’achat de signatures d’élus en contrepartie de l’obtention de parrainages nécessaires à la candidature à l’élection présidentielle de 2024.
La juridiction avait également infligé une peine de trois ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars à “B. Mohamed”, vice-président de la confédération, ainsi qu’à “F. Bilal”. Quant aux autres accusés, les peines prononcées variaient entre trois ans, deux ans et dix-huit mois de prison ferme, accompagnées d’amendes comprises entre 20 000, 200 000 et un million de dinars.
🟢 À LIRE AUSSI : Renouvellement du passeport algérien à distance : ce qui est possible… et ce qui ne l’est pas
En outre, le tribunal avait ordonné à Saïda Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hammadi de verser solidairement un million de dinars au Trésor public, tout en condamnant chaque prévenu reconnu coupable à verser 200 000 dinars supplémentaires à titre de réparation, dans l’attente de l’examen du pourvoi en cassation introduit devant la Cour suprême.
