Détention d’un agent consulaire algérien : le MAE convoque le chargé d’affaires de l’ambassade de France

Détention d’un agent consulaire algérien : le MAE convoque le chargé d’affaires de l’ambassade de France
Alger hausse le ton après la prolongation de la détention d’un agent consulaire en France et convoque le chargé d’Affaires de l’ambassade de France.

Nouvelle zone de turbulences entre Alger et Paris. Ce jeudi 26 mars 2026, le ministère des Affaires étrangères a convoqué le Chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour exprimer sa vive indignation face au traitement réservé à un agent consulaire détenu en France.

Au cœur de cette crise se trouve la décision de la justice française, rendue le mercredi 25 mars, de renouveler pour une année supplémentaire la détention provisoire d’un fonctionnaire consulaire algérien. Ce dernier est placé sous mandat de dépôt depuis avril 2025.

« Cette convocation a eu pour objet d’élever, dans les termes les plus fermes, une protestation contre le renouvellement hier, pour une durée supplémentaire d’une année, de la détention provisoire d’un agent consulaire algérien », indique le communiqué.

🟢 À LIRE AUSSI : Algérie – France : Ahmed Attaf et Jean-Noël Barrot relancent le dialogue diplomatique

Le MAE convoque le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger

Dans un nouveau communiqué mis en ligne en ce jeudi 26 mars 2026, l’Algérie condamne cette décision avec « la plus grande fermeté ». Alger insiste sur le fait que ce fonctionnaire devrait bénéficier de la protection juridique garantie par la Convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires, un traité international qui régit les immunités et les droits des personnels diplomatiques.

Au-delà de l’aspect purement juridique, le ton monte concernant les conditions de détention. Le ministère a fait part au diplomate français de la « dénonciation vigoureuse » de l’Algérie face aux traitements jugés dégradants subis par le fonctionnaire.

« Ces pratiques indignes ont été révélées suite à la première visite consulaire autorisée seulement le 17 mars dernier », précise le communiqué, soulignant un délai particulièrement long.

Des conséquences sur les relations entre Paris et Alger

En conclusion de cette convocation, le ministère souligne que cette décision de justice est « difficile à justifier ou à accepter » et qu’elle pèsera lourdement sur la suite des évènements. Par ailleurs, Alger prévient que cette affaire aura « inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations algéro-françaises« .

Cette nouvelle escalade intervient alors qu’un timide dégel semblait s’amorcer. Récemment, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s’était félicité de la reprise d’un « dialogue exigeant » avec Alger, porté par les résultats de la visite de Laurent Nuñez.

Cette coopération visait notamment à lever le blocage des laissez-passer consulaires, suspendus durant plusieurs mois, pour faciliter les expulsions de ressortissants sous OQTF. Cependant, alors que Paris espérait une accélération des procédures d’identification après un échange entre les deux ministres le 15 mars dernier, l’affaire de l’agent consulaire semble aujourd’hui agir comme un sérieux coup de frein.
🟢 À LIRE AUSSI : France – Algérie : le retour du dialogue migratoire produit ses « premiers résultats », assure Barrote