Les éléments de la Gendarmerie Nationale ont mis fin aux activités d’une entreprise agroalimentaire peu scrupuleuse dans la wilaya de Blida. L’usine utilisait de la farine impropre à la consommation et détournait des produits subventionnés pour maximiser ses profits.
L’opération a été menée par le service de sécurité alimentaire de la Division Centrale Opérationnelle de lutte contre le crime organisé. Suite à une inspection minutieuse de l’unité de production — laquelle activait officiellement sous le registre du commerce de « boulangerie industrielle » — les enquêteurs ont découvert des conditions de fabrication alarmantes.
Des échantillons de farine ainsi que des produits finis (pains tortillas) ont été saisis et transmis à l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC) de la Gendarmerie Nationale pour analyses. Le verdict des experts est sans appel : les produits sont non conformes et présentent un danger réel pour la santé du consommateur.
Blida : Démantèlement d’une unité de production de tortillas à base de farine avariée
Au-delà de l’aspect sanitaire, l’enquête a révélé un vaste réseau de fraude économique. Le gérant de l’entreprise s’approvisionnait illégalement en farine panifiable (conditionnée en sacs de 50 kg), normalement réservée aux boulangers pour la production de pain subventionné.
Grâce à des complicités au sein d’une filiale d’un groupe holding, l’entreprise achetait le quintal de farine au prix soutenu de 2 000 DA, détournant ainsi la destination initiale de cette marchandise.
Les chiffres avancés par les enquêteurs témoignent de l’ampleur du préjudice :
- Volume détourné : Plus de 24 000 quintaux de farine.
- Investissement illicite : Environ 4 milliards de centimes.
- Chiffre d’affaires généré : Près de 77 milliards de centimes.
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Le gérant de la société ainsi que ses complices ont été présentés devant le Procureur de la République territorialement compétent. Plusieurs chefs d’inculpation ont été retenus à leur encontre, notamment :
- Détournement de marchandise de sa destination privilégiée.
- Fraude dans la vente de denrées alimentaires destinées à la consommation humaine.
- Tromperie du consommateur.
- Utilisation d’une marque commerciale non déposée.
- Violation des dispositions relatives à la conformité des produits.
Cette affaire n’est pas qu’un simple fait divers ; c’est un véritable crime contre la santé publique. En transformant de la farine « pourrie » en un produit de consommation courante, ces individus ont fait passer leur soif de profit avant la vie des citoyens.
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