Des professeurs en médecine répondent à Gaïd Salah : “Il n’y a pas de traîtres parmi les marcheurs”

dimanche 14 juillet 2019 à 11:12
Source de l'article : Liberte-algerie.com

Près d’une dizaine de jours après la marche “historique” du 5 juillet, le collectif des professeurs en sciences médicales a dénoncé la répression par les forces de l’ordre des manifestants pacifiques tout en exigeant la libération de toutes les personnes arrêtées. “Le collectif se déclare profondément indigné par le traitement qui a été infligé aux jeunes et pacifiques manifestants par les services de sécurité. Le collectif est particulièrement scandalisé par l’acharnement bestial des policiers sur les manifestants à terre. Le collectif et le peuple ont de la peine à reconnaître en eux les services chargés paradoxalement de veiller sur leur sécurité.

Il appelle les autorités à punir les coupables et à instruire ces services pour que de telles scènes de violences disparaissent à jamais de la scène du hirak”, lit-on dans un communiqué rendu public hier, non sans exiger “la libération de toutes les personnes arrêtées pour délit d’opinion conformément à l’article 42 de la Constitution”. Dans un passage qui sonne comme une réponse au chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, le collectif a porté au pinacle le patriotisme et la maturité des manifestants, en assénant : “Il n’y a pas de traîtres parmi les marcheurs, il n’y a que des patriotes jaloux et inquiets de l’avenir de notre Algérie qu’ils placent au-dessus de tout.” Et de se féliciter du fait que le peuple algérien ait su “différencier entre l’emblème national et la représentation d’une appartenance ancestrale commune pour lesquels il a exprimé son immense fierté”. “Le peuple a, encore une fois, su déjouer le piège du régionalisme tendu par les ennemis de la démocratie”, a-t-il relevé.

Pour ce qui est de la campagne anticorruption menée ces dernières semaines par les autorités, le collectif a assuré prendre acte de “la volonté des décideurs de nettoyer les écuries d’Augias avec notamment l’arrestation de certains de ceux qui ont volontairement mené notre pays à l’incurie” et attendre “la suite des événements”, notamment “avec les poursuites judiciaires à l’encontre du reste du clan et notamment le chef d’orchestre de ce funeste aréopage qui est l’ancien président de la République”. 

Abordant la situation inédite que connaît l’Algérie depuis le 9 juillet avec l’expiration du mandat de 3 mois du chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, les médecins spécialistes ont noté que “ce jour, 9 juillet, l’Algérie se réveille sans président de l’État dont le mandat a pris fin ce jour, avec un président du Sénat intérimaire, avec une Assemblée nationale sans président, un président du Conseil constitutionnel intérimaire tout comme le gouvernement. Par ailleurs, toutes ces institutions sont en train d’aborder des problèmes de fond, alors que leurs missions limitées dans le temps ne le leur permettent pas”.

Pour ce qui est de l’offre de dialogue des autorités, le collectif a estimé nécessaire de satisfaire certains préalables comme la libération des manifestants arrêtés ou encore la divulgation des résultats des enquêtes sur la mort du Dr Fekhar ou celle sur les jeunes filles dénudées dans un commissariat d’Alger, pour espérer “amener autour de la table des discussions ou des négociations le peuple algérien”. “Toute décision qui ne tiendrait pas compte des revendications populaires sera inexorablement vouée à l’échec”, a asséné le collectif.

Arab chih

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