Des membres de la CNLTD critiquent l’armée et persistent à parler de la « vacance » du pouvoir présidentiel

Des membres de la CNLTD critiquent l’armée et persistent à parler de la « vacance » du pouvoir présidentiel

cntld.jpgLes membres de la CNLTD (Coordination Nationale pour les Libertés démocratique et la Transition) persistent à souligner qu’il existe une vacance du pouvoir présidentiel qui se traduit par une paralysie générale du pays malgré les mises en garde du chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la défense, le général Ahmed Gaïd-Salah.

L’avertissement a été réitéré dans un article de la revue de l’armée El-Djeich qui a été largement diffusé dans les journaux algériens. L’article qui visait clairement les membres de la CNLTD sans les citer nommément s’en prenait à des « parties » qui sont allées « jusqu’à inciter à la sédition en des termes clairs et francs » en soulignant que cela était au « contraire aux lois et aux usages politiques « .

L’article d’El Djeich, intitulé « non à la mystification » demandait à ces « parties » de « respecter les institutions de l’Etat, et à leur tête l’ANP » et de ne pas « recourir aux gesticulations, aux mystifications et à l’exagération dans le but de provoquer des crises, de falsifier la réalité à tous les niveaux ».

L’article qui n’est pas « l’éditorial » de la revue comme l’ont rapporté les journaux demande à ces « parties » de ne pas essayer d’impliquer l’armée dans des affaires politiques « qui ne sont pas de sa compétence et de ne pas tenter d’exploiter son attachement à ses missions constitutionnelles dans le but d’écorner la légitimité des institutions de l’Etat ».

Soufiane Djilali: Bouteflika est l’homme le plus dangereux…

Soufiane Djilali, président de Jil Jadid (nouvelle génération) a été le premier à réagir de manière directe, vendredi lors d’une session du conseil national du parti, en voyant dans ce message d’El Djeich, une « preuve » que l’armée n’est pas neutre ».

Elle est « devenue une partie politique qui défend le régime actuel… Si l’armée considère que sa mission est de défendre la sécurité nationale, elle doit en faire assumer la responsabilité au pouvoir actuel qui met la stabilité du pays en danger » .

L’Algérie, a-t-il réaffirmé vit une situation de « vacance » de la présidence. Le pays est « paralysé », le gouvernement est « incohérent », l’institution présidentielle est « silencieuse ». « Son unique souci est de prouver la présence du président par n’importe quel moyen, au point de résumer le pouvoir présidentiel dans les actes de la vie courante comme manger, boire et recevoir ».

L’Algérie, a-t-il assuré, va vers « un moment historique pour le changement avec un pouvoir faible, un président absent, un décideur absent et une baisse des prix du pétrole ».

Des institutions « malades » du président

Sans réagir aussi directement que Soufiane Djilali à « l’admonestation » de la revue El Djeich, d’autres membres de la Coordination Nationale pour les Libertés démocratique et la Transition (CNLTD) maintiennent leur dénonciation de la « vacance » du pouvoir présidentiel et son incidence sur le fonctionnement des institutions et du pays.

Abdelaziz Rahabi, membre de l’instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) de la CNLTD a estimé dans une déclaration à El Khabar que le pays connait une « gestion par intérim » des institutions et de l’Etat qui est une conséquence de la centralisation des prérogatives par le président depuis la révision constitutionnelle de 2008 et de la réduction de celles du chef du gouvernement.

Cela correspond à la « nature du régime de Bouteflika » qui a en a fait un régime ultra-présidentiel total. Ce qui fait, indique-t-il, « qu’en cas d’absence du président, toutes les institutions se retrouvent en crise puisque tous les pouvoirs sont chez le chef de l’Etat ». Pour lui, « la crise n’est pas en Algérie mais dans l’institution présidentielle ».

« Quand le président est malade son intérêt pour sa santé et de son image l’emportent sur son intérêt pour le fonctionnement des institutions et la nomination des responsables. Il délègue ses prérogatives dont celle de nommer aux responsabilités à des espaces réparties entre son jeune frère Said Bouteflika, l’armée et les hommes d’affaires ».

Lakhdar Ben Khelaf député du Front de la Justice et du développement (Djaballah) estime que les institutions sont « malades de la maladie du président ». Il relève que les responsables nommé pour assurer l’intérim ne prennent pas d’initiatives aggravant ainsi la situation.