Des experts examinent les différents scénarios pouvant survenir en Egypte

Des experts examinent les différents scénarios pouvant survenir en Egypte
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Des experts égyptiens examinent les différents scénarios pouvant survenir en Egypte, dix jours après le début des manifestations appelant au départ de Moubarak. Ces scénarios interviennent au moment où les autorités égyptiennes avaient annoncé la mise en oeuvre de la « feuille de route » des reforme politiques et constitutionnelles assurant une transition souple du pouvoir et ouvrant la voie à toutes les forces et partis politiques.

Le premier scénario propose « une démission immédiate du président Moubarak », principale revendication des forces de l’opposition et des mouvements de protestation sortis dans la rue, qui est à même de permettre le retour au calme.

Ce scénario prévoit la passation des pouvoirs du président de la République au président du conseil du peuple et l’organisation d’élections présidentielles dans les 67 jours suivant cette passation, conformément à l’article 67 de la constitution dont le président Moubarak appelle à son amendement, selon les mêmes experts.

Le deuxième scénario prévoit la « dissolution du conseil du peuple, le départ du président de la République et la nomination du président de la cour constitutionnelle au poste de président de la République.

Les experts estiment que ce scénario déboucherait à un vide constitutionnel, en raison de l’indisponibilité d’un conseil du peuple pour engager de nouvelles reformes constitutionnelles, en prélude à des élections présidentielles compétitives.

Le troisième scénario consiste en « la passation des pouvoirs du Président de la République au vice-président ». Ainsi, le général Omar Souleimane devient président par intérim durant la période de transition qui verra la dissolution du conseil du peuple et du conseil consultatif, l’élaboration d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections législatives puis présidentielles libres, après adoption de la constitution ». Il avance une autre proposition prévoyant la formation d’un conseil présidentiel provisoire constitué de trois membres, un militaire et deux civils.

Les experts estiment que la passation des pouvoirs dans ce cas serait « anticonstitutionnel ». Par ailleurs, l’article 83 de la constitution prévoit que si le président de la république ne pouvait exercer ses fonctions de façon provisoire notamment en raison d’une maladie ou d’un voyage, il est remplacé par son vice-président.

Si le président décide de passer ses pouvoirs à son vice-président dans le cadre d’un voyage, ce dernier ne peut procéder à l’amendement de la constitution, à la dissolution du conseil du peuple ou au limogeage du gouvernement. Les élections présidentielles se dérouleront alors en septembre conformément à l’article 76, qualifié par l’opposition « d’injuste ».

Le quatrième scénario propose « le maintien du président dans ses fonctions et la révision de la constitution », considéré par plusieurs experts comme le « meilleur » scénario des points de vue constitutionnel et pratique, à même de répondre aux revendications des jeunes, car la priorité sera donnée aux amendements constitutionnels dont celui de l’article 76, afin de garantir plus de compétition lors des élections.

Ce processus s’étendra sur 75 jours environ jusqu’à la tenue d’un referendum, suivi de la révision du code électoral, sous la supervision de la cour constitutionnelle. Le président pourra par la suite se retirer pour la tenue d’élections présidentielles avancées ou attendre la fin de son mandat pour ouvrir la voie en juillet prochain aux candidatures.