Le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, dit que son département est prêt à envoyer des commissions d’enquête aux directions de l’Education «soupçonnées» de «favoritisme» lors du dernier concours de recrutement de 16 000 enseignants. «Nous sommes prêts à enquêter dans les wilayas, s’il s’avère que des dépassements ont eu lieu. De toutes les manières le nombre de postes budgétaires est insuffisant pour répondre à toute les demandes», a souligné le ministre en marge d’une rencontre conjointe avec le ministre de la Santé sur la santé en milieu scolaire, organisée à l’Institut Pasteur. Il y a quelques jours, des milliers de candidats malheureux ayant échoué lors de ce concours ont exprimé leur colère à travers des manifestations de rue et des sit-in devant les directions de wilaya. Ils accusent les correcteurs et les encadreurs de «manque de transparence, de favoritisme». Les candidats ont fait également état de plusieurs anomalies et dépassements qui ont émaillé ce concours. «C’est normal qu’il y ait des mécontents, l’offre ne peut satisfaire la demande. C’est pour cette raison qu’on a choisi ceux qui ont un master ou un magister en vue d’améliorer la qualité de l’encadrement, qui a un effet direct sur la qualité des résultats obtenus à la fin de l’année», dit le ministre, soulignant que son département sera intransigeant vis-à-vis de ceux qui n’ont pas respecté la réglementation. Benbouzid a souligné que «le concours s’est déroulé dans la transparence parce que c’est le ministère de l’Education et la direction générale de la Fonction publique qui ont veillé à son organisation». Le ministère n’est jamais tolérant avec les cas confirmés de manipulations ou de dépassements enregistrés lors de ces concours, a-t-il affirmé. Le ministre de l’Education nationale a annoncé par ailleurs l’organisation au mois de novembre prochain d’un concours de recrutement de 14 000 personnels. Celui-ci concernera, selon le ministre, les postes administratifs. S’agissant de la grève annoncée par la Coordination nationale des adjoints d’éducation pour le 9 septembre prochain pour revendiquer la révision de leur statut particulier, Benbouzid a affirmé que ce dossier est définitivement clos. «Le statut a été définitivement révisé, et ce, avec la collaboration de tous les syndicats», dit le ministre. Sur un autre chapitre, les ministres de l’Education nationale et de la Santé ont examiné la mise en œuvre du Plan national santé en milieu scolaire. A cette occasion, Ould Abbès, ministre de la Santé a plaidé pour que cette journée «engage une nouvelle étape» de développement de la santé en milieu éducatif et «conforte l’approche intersectorielle comme axe stratégique pour promouvoir et préserver la santé des enfants et adolescents en scolarité». Il a souligné, qu’à travers le Plan national de santé en milieu éducatif, l’un des objectifs recherchés est de «renforcer le partenariat avec les secteurs universitaire et de la formation professionnelle». Il a précisé que ce plan de dix ans (2012-2022) traite une population jeune et vulnérable comprenant 8,6 millions en santé scolaire,
1 million en santé universitaire et 500 000 en santé en milieu de formation professionnelle, soit un peu plus de 10 millions de personnes, donc environ le quart de la population algérienne.
Mehdi Ait Mouloud
