Attention si vous prévoyez de voyager prochainement ! Publié au Journal Officiel n°51, un arrêté du ministère des Finances simplifie et renforce les règles douanières pour les voyageurs. Déclaration de devises en ligne, intégration des métaux et pierres précieuses, et partage des données contre le blanchiment : découvrez tout ce qui change avant de passer la douane.
Un arrêté ministériel publié dans le Journal officiel numéro 51 vient modifier en profondeur les procédures de déclaration de devises applicables aux voyageurs traversant les frontières algériennes.
Signé le 12 mai par le ministre des Finances, ce texte amende une décision antérieure datée du 20 juillet 2026 et introduit plusieurs changements concrets, notamment la généralisation du formulaire électronique et l’extension du périmètre de la déclaration aux métaux précieux et aux pierres précieuses.
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Le formulaire électronique s’impose avant le passage en douane
La nouveauté la plus structurante de cet arrêté concerne le canal de déclaration. Tout voyageur entrant ou sortant du territoire national doit désormais remplir sa déclaration de monnaie par voie électronique, avant même de se présenter au bureau des douanes compétent.
Ce n’est qu’en cas d’impossibilité que le formulaire papier, mis à disposition par les services douaniers, reste une option. Dans tous les cas, le document doit être complété et signé par le voyageur concerné.
Ce formulaire fait ensuite l’objet d’un enregistrement et d’un suivi par les services compétents. La déclaration écrite reste obligatoire, qu’il s’agisse d’une entrée ou d’une sortie du territoire.
Devises, bijoux et métaux précieux : le périmètre de la déclaration s’élargit
Au-delà des billets de banque et des pièces de monnaie, l’arrêté rappelle que la déclaration couvre l’ensemble des moyens de paiement au porteur : effets de commerce, titres négociables, valeurs endossables. Mais la modification la plus notable porte sur l’ajout explicite des métaux précieux et des pierres précieuses transportés par les voyageurs lors de leurs déplacements. Ces objets de valeur entrent désormais pleinement dans le champ déclaratif.
Désormais, les voyageurs non-résidents qui souhaitent réexporter les devises non utilisées en Algérie doivent obligatoirement présenter à la douane leur déclaration d’entrée. Celle-ci doit être visée par la Banque d’Algérie, une banque agréée ou un bureau de change, prouvant ainsi toutes les opérations de change effectuées durant leur séjour.
Par ailleurs, les agents des douanes conservent le droit d’exiger tout document ou information utile concernant l’origine et la destination des fonds transportés.
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Une base de données douanière au service de la lutte anti-blanchiment
L’arrêté consacre également un volet important à la traçabilité des déclarations. En effet, les services des douanes sont tenus de constituer et d’alimenter des bases de données recensant l’ensemble des informations contenues dans chaque déclaration souscrite : identité et adresse du voyageur en Algérie ou à l’étranger, documents de voyage détenus, montants et valeurs déclarés, lieu de départ et destination, ainsi que l’identité du bénéficiaire réel et de l’expéditeur des fonds.
De plus, ces bases intègrent les déclarations frauduleuses, les montants non déclarés et les manquements aux obligations déclaratives commis par les voyageurs. Loin de rester cantonnées à un usage interne, ces données ont vocation à circuler. Le texte précise que « l’ensemble des informations relatives aux déclarations de monnaie souscrites et celles relatives aux déclarations fausses et aux cas de non-respect des obligations de déclaration commis par les voyageurs » seront transmises à l’organisme spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Cette disposition s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement du contrôle des flux financiers. La réforme de l’allocation touristique de 750 euros, encadrée par l’instruction n°07-2026 de la Banque d’Algérie publiée le 13 juillet, obéit à la même logique : rendre chaque transaction traçable et chaque bénéficiaire identifiable.
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