Installée à Sherbrooke depuis juillet 2025, la famille Chaoui vit une situation dramatique. Originaires d’Algérie, Sarah et Hamza espéraient offrir un meilleur avenir à leurs enfants, mais leur projet a tourné au cauchemar : leur fils de 16 mois, Eden, n’a pas pu les suivre et est resté séparé d’eux dans son pays d’origine.
Leur projet d’immigration se heurte à une impasse administrative majeure. Tout commence en 2024, lorsque Sarah, Hamza et leur fils aîné, Malik, reçoivent leur Certificat de sélection du Québec (CSQ), document indispensable pour obtenir la résidence permanente. C’est précisément à cette étape charnière que Sarah découvre qu’elle attend leur deuxième enfant.
Auprès du média canadien TVA Nouvelles, Hamza rappelle que la situation est une question de principe : il sollicite du Canada un permis de séjour temporaire pour son fils, rappelant qu’un enfant a le droit légitime de vivre avec sa famille.
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Un couple algérien séparé de son fils de 16 mois
Eden voit le jour en octobre 2024 en Algérie. Coïncidence malheureuse : le gouvernement québécois annonce quasi simultanément le gel des nouvelles demandes de CSQ jusqu’au printemps suivant. Cette décision bloque net le dossier du nouveau-né, plaçant les parents devant un choix déchirant : renoncer à leur projet ou s’installer au Canada laissant leur fils derrière eux.
« On allait tout laisser tomber et c’est à ce moment-là que ma famille m’a dit : « Mais non, il est entre de bonnes mains, ne t’inquiète pas, on est là », a fait savoir la mère.
Depuis maintenant sept mois, la famille vit déchirée entre deux continents. Pour Sarah, Hamza et leurs enfants, les écrans sont devenus le seul lien quotidien, la visioconférence devient le seul moyen pour maintenir un lien avec le petit garçon. Pendant qu’Eden grandit loin des siens, confié à de la famille en Algérie, sa mère multiplie les voyages épuisants pour ne pas devenir une étrangère aux yeux de son propre fils.
« Risque d’une situation d’irrégularité »
Pour la mère, le constat est sans appel : privé de la présence constante de ses parents, Eden passe de bras en bras chaque jour. Malgré sa capacité d’adaptation apparente, ce rythme de séparations brutales et de visites temporaires fragilise son équilibre émotionnel et perturbe son développement.
Face à l’urgence, les parents ont multiplié les tentatives pour rapatrier leur fils, essuyant notamment deux refus de visa touristique. Le motif invoqué par les autorités canadiennes frise l’ironie : elles craignent que le nourrisson ne quitte pas le pays à l’expiration de son visa et se retrouve en situation irrégulière, alors même que ses parents y résident régulièrement.
Désormais, la famille Chaoui place ses derniers espoirs dans une procédure de parrainage. Mais face aux délais administratifs qui pourraient s’étirer sur plusieurs mois, l’idée de tout abandonner gagne du terrain. Pour Sarah et Hamza, l’unité familiale est non négociable : « On en parle très souvent. Il n’y a pas plus cher que notre famille réunie. S’ils refusent un seul membre de notre famille, ils nous refusent tous ».
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