De graves menaces persistent aux frontières

De graves menaces persistent aux frontières

64_slide_1_130227104121.jpgLa menace, sous toutes ses formes, persiste aux frontières terrestres. Que ce soit au Grand-Sud, à l’ouest ou l’est du pays, les indicateurs sont au rouge, d’autant qu’aucune bande frontalière n’est épargnée.

L’année 2012 a, sans doute, été le témoin de cette dégradation avec un bilan des plus inquiétants et une carte de la criminalité qui change de tendance, tant sur le plan des luttes menées par la Gendarmerie nationale que celui des plans concoctés au-delà de ces zones souveraines. Hier, lors d’un point de presse organisé au commandement de la GN, le colonel Mohamed-Tahar Benamane, chargé de la sécurité publique, a relevé, d’emblée, les multiples menaces qui pèsent sur l’Algérie en profondeur, non sans mettre en relief l’adaptation des unités de la GN dans le combat quotidien livré aux criminels de tous bords. D’ailleurs, lors d’un bilan exhaustif de l’année 2012, on retiendra une ascension de 4,10% du crime organisé, avec son lot de saisies et d’arrestations, et qui occupe 17% de l’activité de la criminalité globale avec 12 407 affaires traitées et 14 506 arrestations.

Avec un taux élevé de 12,84%, le trafic de drogue a connu une nette augmentation avec 3 147 affaires et 4 951 individus appréhendés. Mais surtout des saisies record de 73 tonnes de cannabis, de 165 kilos de cocaïne, 655 000 comprimés psychotropes et une autre tonne de kif traité rejetée par les vagues, et ce, à travers les wilayas d’Alger, Tlemcen et Oran. En profondeur, les wilayas de Constantine, Tébessa et Mila sont les plus touchées par ce fléau. Au chapitre de la contrebande, on retiendra évidemment la saisie de 1,6 million de litres de carburant et de 215 tonnes de produits alimentaires qui vont dans les marchés de la Tunisie, du Maroc ou encore de la Libye. La circulation des personnes aux frontières inquiète également les services de sécurité, surtout après l’arrestation de 3 642 ressortissants de différentes nationalités en situation irrégulière ou clandestine, dont des Maliens qui occupent toujours la première position. À ces sinistres chapitres, s’ajoute le trafic de véhicules qui a connu 343 cas de vol et la récupération de 238 véhicules. À la question si le trafic d’armes et de munitions est lié à la sécurité aux frontières, le colonel Benamane dira qu’il s’agit de saisies ordinaires qui n’ont aucun trait à la lutte antiterroriste. Il révélera, en revanche, que 239 armes ont été saisies en 2012, dont 105 armes artisanales, 89 fusils de chasse illégalement détenus, 21 armes de guerre et 24 autres armes de poing.

42 enlèvements et 53 tentatives avortées

L’année 2012 a également été marquée par la psychose des enlèvements. Le conférencier révélera tout de go que les unités de la GN ont traité, de 2008 à fin 2012, 142 cas liés aux enlèvements, dont 42 ces 12 derniers mois. “Les enlèvements ne sont pas un phénomène proprement criminel. Les actes enregistrés relèvent de cas isolés et ne sont pas le fait des groupes organisés”, dira M. Benamane. En ce sens, il dira que 82% des cas enregistrés sont directement liés aux abus sexuels, d’autres aux règlements de compte d’ordre familial. Il insistera, par-contre, sur le fait qu’aucun trafic d’organes n’a touché les victimes, alors que 53 tentatives d’enlèvement ont été avortées.

Plus de 77 000 individus arrêtés, soit 211 cas par jour !

L’autre chiffre qui donne le tournis, c’est sans doute le nombre d’arrestations opérées par la GN durant la même période. En effet, plus de 77 000 individus ont été appréhendés lors des enquêtes et des interventions menées par lesdites unités à travers les 48 wilayas, soit 211 arrestations par jour. Ces personnes ont été impliquées dans les 73 950 affaires constatées, dont 4 221 délits, 59 290 crimes, 1 883 contraventions et 8 296 mandats de justice exécutés. Il ressort aussi que les associations de malfaiteurs ont dominé la tendance avec un taux de 33,41% des cas d’atteinte aux personnes et aux biens. Et si Alger vient en tête, suivie de Tlemcen, Oran, Batna, Sétif et Mila, il n’en demeure pas moins que la population délinquante n’a pas changé de “profil”. En ce sens, indique encore M. Benamane, les chômeurs (statut) et les célibataires (situation sociale) occupent des taux respectifs de 39,92% et de 60,46%, alors que les mineurs (âge) sont de l’ordre de 6,60% à être embourbés dans la criminalité. “Il est vrai que la criminalité de manière générale a baissé en 2012. Ceci s’explique par le déploiement progressif de la GN sur le terrain et qui adapte de nouveaux modes opératoires. Mais, la menace est là, elle subsiste, notamment aux frontières.”

F B