De 8 à 2,5 enfants par femme : la natalité algérienne en chute libre

De 8 à 2,5 enfants par femme : la natalité algérienne en chute libre
Natalité en Algérie

C’est un véritable tournant démographique que traverse l’Algérie. En l’espace de quelques décennies, l’indice synthétique de fécondité s’est effondré, passant de près de 8 enfants par femme au lendemain de l’indépendance à seulement 2,5 enfants aujourd’hui. Mais malgré ce recul, l’Algérie parvient à préserver la jeunesse de sa structure populationnelle.

C’est le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, qui a présenté ces données lors de la célébration de la Journée mondiale de la population. S’exprimant au nom du ministre de la Santé, Talhi a précisé que l’indice synthétique de fécondité est tombé à environ 2,5 enfants par femme. Un contraste saisissant avec le début des années post-indépendance, où ce taux frôlait les 8 enfants par femme.

Cependant, ce ralentissement des naissances ne rime pas avec vieillissement immédiat de la population. L’Algérie conserve une « structure démographique jeune », a souligné le responsable. Cette jeunesse représente, selon lui, une réelle opportunité pour tirer profit du « dividende démographique ».

Pour y parvenir, il a insisté sur l’importance de poursuivre les investissements dans le capital humain, de renforcer les capacités des jeunes et de favoriser leur contribution effective au développement national.

Talhi a également rappelé que le monde fait face à des transformations démographiques globales caractérisées par une baisse de la fertilité, un vieillissement des populations et des aspirations de la jeunesse en constante évolution.

Face à ces défis, il a préconisé l’adoption de politiques proactives plaçant l’humain au cœur du développement, notamment en garantissant un accès de qualité à l’éducation, à l’emploi, à la santé, au logement et à la stabilité familiale.

Les causes économiques et sociales de cette baisse

La même source explique que ce recul de la natalité découle d’une multitude de transformations socio-économiques majeures.

Ce phénomène s’explique principalement par l’élévation globale du niveau d’instruction, l’urbanisation croissante du pays ainsi que l’évolution des modes de nuptialité, notamment le recul de l’âge du mariage.

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À cela s’ajoutent l’intégration de plus en plus forte des femmes sur le marché du travail et l’amélioration générale des conditions de vie de la population.

L’Algérie maintient sa position de leader au Maghreb

Bien que la baisse soit notable, l’Algérie reste en tête des pays du Maghreb en termes de natalité. Une étude récente de l’Institut national d’études démographiques (INED) en France confirme que si l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont tous enregistré un recul marqué de leur fécondité depuis les années 1970 — passant de 7 à 8 enfants par femme à des taux historiquement bas aujourd’hui — leurs trajectoires diffèrent.

En effet, l’Algérie préserve son premier rang maghrébin avec un taux de 2,61 enfants par femme enregistré en 2024. En comparaison, le Maroc affichait un taux de 1,97 enfant par femme en 2023, tandis que la Tunisie enregistrait 1,58 enfant pour la même année, avec des prévisions de baisse à 1,53 enfant pour 2024.

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L’étude française met également en lumière une singularité algérienne : le pays a connu un rebond de natalité entre 2000 et 2017, période durant laquelle le taux a de nouveau dépassé le seuil des 3 enfants par femme, avant d’amorcer sa baisse actuelle.

À l’inverse, la Tunisie n’a connu qu’une très légère reprise avant de poursuivre sa baisse, tandis que le Maroc maintient un recul progressif et constant depuis le début des années 1990.