L’Espagne réévalue à la hausse son plan de régularisation : alors que le gouvernement tablait sur 500 000 bénéficiaires, un document confidentiel de la police divulgué mi-février avance désormais le chiffre de 1,35 million de migrants concernés.
Adopté par décret royal en janvier 2026, ce nouveau cadre réglementaire fixe la période de dépôt des dossiers entre avril et juin 2026. Pour être éligibles, les demandeurs doivent justifier d’une présence sur le territoire espagnol d’au moins cinq mois avant le 31 décembre 2025 et fournir un extrait de casier judiciaire vierge.
Selon les données du CNIF (Police nationale), l’Espagne compterait déjà sur son sol entre 750 000 et un million de sans-papiers. À ce chiffre initial, les experts de l’immigration prévoient l’ajout de 200 000 à 250 000 nouveaux arrivants cherchant à bénéficier du dispositif de régularisation mis en place par le gouvernement.
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Quelles sont les conditions d’éligibilité à ce programme de régularisation ?
Les candidats à la régularisation sont tenus de justifier d’une résidence ininterrompue sur le territoire espagnol d’au moins cinq mois avant le 31 décembre 2025. Le dossier devra impérativement comprendre une pièce d’identité valide ainsi qu’un extrait de casier judiciaire vierge.
En effet, la présentation d’un casier judiciaire vierge, tant en Espagne que dans les pays de résidence précédents, est une condition sine qua non. Si l’administration espagnole interrogera directement ses propres registres centraux, elle prévoit un dispositif d’assouplissement : pour les ressortissants de pays où l’obtention de documents officiels s’avère complexe, une déclaration sur l’honneur pourra être acceptée à titre exceptionnel.
Par ailleurs, le traitement des demandes sera assuré par les services provinciaux des étrangers (Oficinas de Extranjería). Alors que le délai moyen de traitement s’établit à six semaines, le syndicat Central Sindical Independiente y de Funcionarios (CSIF) a officiellement sollicité une augmentation des effectifs administratifs afin d’absorber le volume exceptionnel de dossiers liés à ce programme.
Un titre de séjour et un permis de travail d’un an
Les bénéficiaires recevront un permis provisoire de douze mois leur permettant de résider et de travailler légalement en Espagne. Cet octroi offre un véritable « bouclier juridique » : il entraîne le gel automatique des dossiers d’expulsion ou de retour forcé visant les candidats admis.
Le ministère de l’Inclusion voit dans cette régularisation un outil de justice sociale. En transformant des emplois informels en contrats déclarés, le gouvernement offre aux travailleurs migrants la possibilité de cotiser pour leur retraite et de bénéficier de droits fondamentaux, tout en sécurisant leur présence sur le territoire.
Par ailleurs, pour Pedro Sánchez, l’objectif est double : légaliser des milliers de travailleurs et répondre aux besoins criants du marché du travail espagnol. En visant à pourvoir 300 000 postes vacants, le gouvernement reconnaît l’apport indispensable des migrants dans des piliers de l’économie comme la logistique, l’hôtellerie ou l’aide à domicile, souvent marqués par le travail au noir.
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