Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales,Le FMI prévient l’Algérie

Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales,Le FMI prévient l’Algérie
dans-son-rapport-sur-les-perspectives-economiques-mondialesle-fmi-previent-lalgerie.jpg

Le siège du FMI

Le Fonds monétaire international conseille aux pays exportateurs de pétrole de tirer profit des niveaux élevés de pétrole pour diversifier leur économie.

L’enjeu est majeur. Comment sortir de la dépendance par rapport à l’or noir? Le gouvernement n’a pas encore apporté de réponse à cette question qui pose en filigrane celle de l’avenir du pays. Pour le FMI, la réponse est simple. «La priorité est de tirer profit de la hausse actuelle des prix du pétrole pour diversifier leur économie» recommande l’institution de Bretton Woods aux pays exportateurs de pétrole de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord) dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales publié à l’occasion de la tenue de son assemblée annuelle prévue du 9 au 12 octobre à Tokyo au Japon. Dans un contexte économique mondial des plus moroses, il n’y a pourtant pas que des mauvaises nouvelles pour l’Algérie mais elles sont moins optimistes que celles affichées par le gouvernement. Annoncée à 3,1%, la hausse du PIB (Produit intérieur brut) sera de l’ordre de 2,6% en 2012 pratiquement au même niveau qu’en 2011 où elle avait atteint 2,5% pour rebondir à 3,4% en 2013. La loi de Finances 2013 table, quant à elle, sur une croissance qui dépasserait les 5%. A titre comparatif, elle sera de 3,3% en 2012 et de 3,6% en 2013 au niveau mondial, essentiellement dans les pays avancés. Le document du FMI indique, par ailleurs, que la balance des comptes courants restera positive en Algérie. Elle représentera 6,2% du PIB en 2012, 6,1% en 2013 avant de dégringoler à 3,5% en 2017. Le taux de chômage estimé à 10% en 2011 connaîtra une légère baisse en 2012 à 9,7%. Cette tendance devrait se poursuivre en 2013 (9,3%). Côté hausse des prix, il n’y aura pas de répit pour les consommateurs en 2012. L’inflation doit plafonner à 8,4%. Elle connaîtra un recul notoire en 2013 pour retomber à 5%, soit un point de plus que les prévisions du gouvernement qui espère un taux d’inflation à 4% l’année prochaine. Au vu de tous ces chiffres, l’Algérie s’en sortira plutôt pas trop mal s’il n’y avait pas ce handicap qu’elle traîne depuis qu’elle existe en tant que jeune Etat indépendant. La vulnérabilité de l’économie nationale. Dépendante à près de 98% de ses exportations en hydrocarbures, elle a, en permanence, cette espèce d’épée de Damoclès qui lui pend au-dessus de la tête: la dégringolade des prix du brut. Dans quel état se retrouvera-t-elle si les cours du baril de pétrole venaient à sombrer? Certains diront que nous pourrons toujours compter sur les 200 milliards de dollars de réserves de change qui, selon les prévisions, peuvent assurer quelque 3 années d’importations. Mis à part cette alternative, aucun autre choix n’est possible. Laisser passer la tempête avant d’en affronter une autre. Le feuilleton ne peut durer une éternité lorsque l’on est dépourvu de moyens pour faire face à des défis économiques dictés par des crises mondiales dévastatrices. L’épilogue peut être dramatique: la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal en connaissent un rayon. Alors que la France a pratiquement un genou à terre. Certes, cela demeure un type de scénario catastrophe extrême. Il est cependant loin d’être improbable. Les potentiels secteurs producteurs de richesses n’arrivent même pas à satisfaire les besoins de la demande nationale à l’instar de celui de l’agriculture, du médicament ou de l’industrie qui demeurent au stade des balbutiements. La facture des importations tourne depuis ces dernières années autour des 45 milliards de dollars tout en serrant les cordons de la Bourse: un contexte économique dont les incertitudes font peur. L’institution de Bretton Woods les met en exergue. Les perspectives des pays exportateurs de pétrole de la région Mena «tournent principalement autour des prix du pétrole et la croissance mondiale, étant donné que tous les risques majeurs de la croissance mondiale impliqueraient une baisse des prix pétroliers» fait remarquer le rapport du FMI qui souligne que les dépenses publiques dans cette catégorie de pays dont l’Algérie «ont augmenté à un tel niveau qu’une baisse importante des prix de pétrole pourrait miner leur situation budgétaire et mettre en péril la croissance et les investissements en cours dans leur secteur des infrastructures». Une mise en garde, qui n’est pas la première, que devrait méditer le gouvernement…