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Cyberattaque contre des supermarchés : Kaspersky décrypte le piratage des systèmes frigorifiques

Cyberattaque contre des supermarchés : Kaspersky décrypte le piratage des systèmes frigorifiques

Une vague d’intrusions informatiques a mis à l’arrêt des centaines d’installations frigorifiques dans des supermarchés français, provoquant la rupture de la chaîne du froid et des pertes financières considérables. L’affaire replace sous les projecteurs une catégorie d’équipements que personne ne surveille vraiment : les frigos connectés et, plus largement, les systèmes cyber-physiques reliés au réseau sans véritable barrière de protection. Vladimir Dashchenko, Principal Security Researcher chez Kaspersky, livre son analyse de cet incident révélateur.

Les frigos connectés, une porte d’entrée sous-estimée

Un groupe froid moderne ne se contente plus de maintenir une température. Il se pilote et se supervise à distance, exactement comme un serveur. C’est précisément ce qui en fait, selon l’expert, un cas d’école des systèmes cyber-physiques : une machine bien réelle, commandée par du logiciel accessible depuis l’extérieur.

Le problème tient au niveau de la protection, souvent dérisoire. Plusieurs constructeurs négligent des dispositifs pourtant devenus standards ailleurs : exigence de mots de passe robustes, authentification à deux facteurs, verrouillage des accès distants. S’y ajoutent des lacunes dans le cycle de développement logiciel sécurisé, le fameux SSDLC, qui devrait intégrer la sécurité dès les premières lignes de code.

Cette négligence n’est pas propre à un secteur. Les spécialistes qui alertaient déjà sur une campagne de phishing visant des sites industriels en Europe et au Moyen-Orient observent le même schéma : des environnements professionnels protégés comme des réseaux domestiques.

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Des milliers d’équipements visibles depuis Internet

Le constat le plus préoccupant concerne l’exposition. Au lieu d’être cloisonnées dans des réseaux fermés, ces interfaces de commande se retrouvent directement joignables en ligne. Des outils comme Shodan ou Censys, qui cartographient les appareils accessibles publiquement, permettent de les localiser en quelques requêtes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Shodan répertorie plus de 4 500 équipements de ce type atteignables depuis le web, Censys en dénombre environ 4 300. Un administrateur peut les retrouver ainsi. Un attaquant aussi. Et la liste ne s’arrête pas au froid commercial : des dispositifs de supervision d’installations solaires et divers automates industriels figurent dans les mêmes inventaires.

Cette visibilité multiplie mécaniquement les scénarios d’accès non autorisé et d’exploitation de failles déjà documentées. Or des méthodes permettant d’exécuter du code arbitraire à distance sur des interfaces frigorifiques comparables circulent publiquement depuis un certain temps. Dernière difficulté, certains fabricants n’ont prévu aucun mécanisme imposant l’installation des correctifs critiques.

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La cybersécurité industrielle se joue dès la conception

Pour Kaspersky, la réponse ne peut pas se limiter à des rustines. Les industriels doivent intégrer la protection dès la phase de conception : bannir toute exposition brute à Internet, imposer une authentification solide et garantir un déploiement rapide des mises à jour de sécurité.

Les entreprises utilisatrices ont également leur part de responsabilité. Avant de signer, elles gagneraient à examiner les pratiques de leurs fournisseurs, notamment la gestion des correctifs et la sécurisation des accès distants. Une exigence contractuelle qui pèse souvent plus lourd qu’un audit a posteriori.

Cette logique vaut à toutes les échelles. En juin dernier, les experts de l’éditeur dressaient un bilan préoccupant des cyberattaques subies par l’Algérie, avec des millions d’incidents recensés et une forte dépendance aux supports amovibles comme vecteur de contamination.

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Une menace qui dépasse largement la chaîne du froid

L’épisode français illustre une bascule : les attaques ne détruisent plus seulement des données, mais elles arrêtent des machines. Un compresseur stoppé, c’est une marchandise perdue et un magasin à l’arrêt. Le risque devient tangible, mesurable en euros et en tonnes de produits jetés.

Entre octobre 2025 et février 2026, une opération internationale coordonnée par INTERPOL avec l’appui de Kaspersky a permis des centaines d’arrestations dans la région MENA, démontrant l’efficacité du partage de renseignement technique entre États.

Reste le facteur humain, trop souvent relégué au second plan. Une enquête de Kaspersky publiée fin juillet montrait que la génération la plus connectée est aussi la plus exposée aux cyberattaques, avec une confiance numérique bien supérieure aux compétences réelles. Entre machines mal configurées et utilisateurs trop sûrs d’eux, la surface d’attaque ne cesse de s’étendre.

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À propos de Kaspersky

Fondée en 1997, Kaspersky est une entreprise mondiale spécialisée dans la cybersécurité et la protection de la vie privée numérique. L’entreprise indique protéger aujourd’hui plus d’un milliard d’appareils dans le monde grâce à ses  technologies de sécurité.

Kaspersky développe des solutions destinées aux particuliers, aux entreprises, aux infrastructures critiques et aux gouvernements afin de lutter contre les cybermenaces. Pour les organisations, l’entreprise met notamment en avant des solutions visant à protéger leur activité, à réduire les risques d’interruption et à alléger la charge liée à la gestion de la sécurité informatique.

Ses technologies, qui intègrent notamment l’intelligence artificielle, s’appuient sur l’expertise de Kaspersky en matière de cybermenaces. L’entreprise propose ainsi des solutions et des services destinés aux organisations de différentes tailles, des petites entreprises aux grands groupes. Kaspersky bénéficie de la confiance de millions de particuliers dans le monde et de près de 200 000 organisations. Ses solutions ont également fait l’objet d’évaluations par des organismes de tests indépendants.

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DN

Dina Nedjma

Dina Nedjma Journaliste – Économie, analyse et international

Dina Nedjma est journaliste chez Algerie360 depuis 2019. Spécialisée dans l'économie, l'analyse et l'actualité internationale, elle couvre également l'investissement en Algérie ainsi que les principaux salons, forums et événements économiques organisés à travers le pays.

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