Critiquée de toutes parts, la Justice s’apprête à faire sa révolution : larges mouvements au sein du département de Mohamed Charfi

Critiquée de toutes parts, la Justice s’apprête à faire sa révolution : larges mouvements au sein du département de Mohamed Charfi

S’il y a un ministère qui exige une « révolution » en urgence, c’est bien celui de la Justice, de l’aveu même du ministre, Mohamed Charfi. Récemment, il affichait son scepticisme devant une justice qui capture le « menu fretin » et laisse passer les « gros requins ». En construction, la Justice algérienne l’est.

Selon nos sources, Charfi travaille d’arrache-pied depuis des semaines pour présenter au président de la République un dossier global qui équilibrerait les pouvoirs au sein du secteur, réformerait les structures et baliserait les mesures judiciaires. Un mouvement d’ensemble à la tête des tribunaux et des cours de justice est lancé et de nouvelles nominations toucheraient des magistrats et des présidents de cours et de tribunaux au cours des tout prochains jours.



Selon le ministre, Mohamed Charfi, il est hors de propos que les tribunaux continuent à fonctionner avec les procureurs généraux, les présidents de cours de justice et les présidents des tribunaux actuels, en poste depuis longtemps, et fortement liés à des personnalités ou a des intérêts qui paralysent, de ce fait, tous leurs mouvements.

Lancée, presque exhortée par le président de la République en personne pour aller le plus loin possible dans les dossiers de corruption qui entachent gravement l’image de l’Algérie dans le monde, la Justice donne l’impression d’être tétanisée, incapable d’agir, ni même de réagir, quand il s’agit de s’attaquer à des personnalités importantes.

Dans le dernier rapport du Département d’Etat, on peut lire que la justice algérienne n’est pas indépendante, mais «gangrenée par la corruption», « le président de la République ayant la mainmise sur le pouvoir judiciaire, alors que la Constitution garantit l’indépendance de la justice».

Dénonçant le recours abusif à la détention provisoire, le rapport estime que la justice algérienne est dans l’incapacité d’assurer, dans certains cas, «un procès équitable». Les Américains soulignent également le manque de transparence au sein du gouvernement, notamment en ce qui concerne les marchés octroyés. «Cela demeure un problème majeur».

Les scandales liés à la corruption, mis sur la place publique, n’ont pas fait bouger la Justice. Il fallait que des tribunaux européens se saisissent de ces affaires pour que la Justice en Algérie daigne faire de petits pas, très réticents du reste, pour sauver la face, mais sans convaincre quiconque.

Fayçal Oukaci