Crise au RND,Menace de retour à la case départ

Crise au RND,Menace de retour à la case départ

P130311-11.jpgUne dure épreuve pour Abdelkader Bensalah

«Le bureau provisoire tente de diluer davantage les revendications principales du mouvement de sauvegarde du RND.»

Le mouvement de sauvegarde du RND accuse le bureau provisoire de jouer sur l’usure et le pourrissement du mouvement de redressement. «Ils tentent invariablement de gagner du temps pour diluer davantage les revendications principales du mouvement de sauvegarde du RND», indique une source proche du parti. «Hormis la destitution de Ouyahia, aucune autre avancée politique n’est envisagée», fustige-t-on. Cela est d’autant plus vrai que les redresseurs insistent surtout sur «la mise à l’écart de tous ceux par qui la crise du RND est arrivée». En fait, selon notre source, il s’agit là d’«une revendication fondamentale du mouvement de redressement», sur laquelle il ne sont pas prêts de transiger. Or, la réunion tenue hier au siège national du parti à Alger, par les membres du bureau technique s’est terminée en queue de poisson: «Aucune décision n’est venue sanctionner cette rencontre», s’indigne-t-on. Les membres du bureau provisoire se sont contentés d’aborder «la question de la répartition des tâches», affirme-t-on. Dès lors, ni la date de la session du conseil national n’est fixée, ni la question relative à l’installation de la commission de préparation du congrès n’a été effleurée, ni encore moins la revendication de changement des coordinateurs de wilaya n’a été évoquée, déplore-on encore. Les redresseurs fustigent aussi leurs représentants au sein du bureau technique. Ces derniers ont relégué les préoccupations de leurs camps respectifs au second ordre, indique-t-on. Le coordinateur du mouvement, «Yahia Guidoum a brillé par son absence aux deux dernières réunions tenues par ce bureau», est-il relevé. Ces pratiques peu orthodoxes, «exacerbent la tension déjà vive de la base qui s’impatiente», fait-on savoir. De ce fait, le retour à la case départ ou à savoir, renouer avec la contestation n’est pas écarté. Le seul point retenu à l’ordre du jour de la réunion d’avant-hier, qui devait se poursuivre aujourd’hui est la présentation des programmes d’action des membres du bureau. En fait, le RND traverse une période de «stagnation politique des plus cruciales», selon une source proche du parti. L’une des revendications sur laquelle insiste le mouvement de sauvegarde du RND est la destitution d’une quinzaine de coordinateurs de wilaya, en guise de première vague des départs exigés. C’est à M.Bensalah qu’incombe cette décision d’écarter ces 15 coordinateurs indésirables, d’autant plus qu’ils étaient désignés par l’ex-secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia et non élus, souligne-t-il. Il s’agit, selon notre source, des coordinateurs des wilayas d’Alger, Oran, Constantine, Skikda, Mila, Tissemsilt, Mostaganem, Guelma, Relizane, Tlemcen, Tiaret, Chlef, Batna, El Bayadh, El Oued. Ces 15 secrétaires de wilaya qui cumulent plusieurs fonctions à la fois, sont des plus contestés, confie-t-on. C’est par eux, en particulier, que le statu quo et la crise ont ébranlé la maison du parti de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia. L’enjeu est que ces derniers auront la qualité de congressistes. Par ailleurs, vu ses engagements officiels, Abdelkader Bensalah n’arrive pas à donner satisfaction aux revendications des uns et des autres.

M. Bensalah qui n’a pas voulu prendre en charge sa nouvelle mission à la tête du parti tant qu’il était président du Sénat et représentant du chef de l’Etat, a du mal à assumer la rude tâche de remettre sur les rails son parti. Enfin, il est relevé qu’«environ 160 sur 307 membres du conseil national ont rejoint le mouvement de redressement», a dévoilé un membre fondateur du parti. Cinq sénateurs, dont un élu lors du dernier renouvellement de la moitié des membres élus du Conseil de la nation, ont rejoint le parti de Amar Ghoul, le TAJ, selon l’ex-membre du conseil national du RND, Kamel Belkhir.