Après la crise, un rapprochement ? L’Espagne prépare un sommet avec l’Algérie

Après la crise, un rapprochement ? L’Espagne prépare un sommet avec l’Algérie
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Un nouveau signal d’apaisement se profile dans les relations entre Alger et Madrid. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, devrait effectuer une visite officielle en Algérie durant la dernière semaine de mars. Une première depuis sa prise de fonctions, qui s’inscrit dans un contexte diplomatique encore marqué par les séquelles d’une crise majeure entre les deux pays.

Selon plusieurs médias espagnols, cette visite vise principalement à préparer une rencontre de haut niveau entre le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Si aucune annonce officielle n’a encore été faite du côté algérien, des sources diplomatiques confirment que les discussions porteront sur l’organisation de ce sommet, dont le lieu reste à déterminer. Il pourrait se tenir aussi bien à Alger qu’à Madrid, dans un geste symbolique fort de normalisation des relations.

Les séquelles d’une crise diplomatique récente

Les relations entre l’Algérie et l’Espagne ont connu une rupture brutale en 2022, lorsque Madrid a modifié sa position sur la question du Sahara occidental, en soutenant le plan d’autonomie proposé par le Maroc. Cette décision avait provoqué une vive réaction d’Alger, qui avait rappelé son ambassadeur et suspendu le traité d’amitié entre les deux pays.

La crise s’était également traduite par un gel quasi total des échanges commerciaux, à l’exception des contrats énergétiques, notamment le gaz, qui restent régis par des engagements à long et moyen terme. L’Espagne demeure, en effet, l’un des principaux importateurs de gaz algérien.

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Des signes de détente progressifs

Malgré les tensions, plusieurs signaux indiquent une volonté de rapprochement. La nomination d’un nouvel ambassadeur algérien à Madrid en 2023, suivie d’une reprise partielle des échanges commerciaux en 2024, ont marqué les premières étapes d’un dégel progressif.

Une visite du président Abdelmadjid Tebboune en Espagne avait même été évoquée fin 2025, sans toutefois se concrétiser. La visite attendue de José Manuel Albares pourrait ainsi relancer la dynamique et poser les bases d’un dialogue renouvelé.

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Un environnement géopolitique complexe

Cette initiative intervient dans un environnement régional complexe. Le gouvernement de Pedro Sánchez cherche à maintenir un équilibre délicat entre ses relations avec l’Algérie et le Maroc, deux partenaires stratégiques aux positions opposées sur plusieurs dossiers, notamment celui du Sahara occidental.

La visite coïncide également avec des évolutions récentes au sein des instances internationales, notamment au Conseil de sécurité, ainsi qu’avec la reprise de discussions informelles autour du dossier sahraoui.

Migration, énergie et économie au cœur des discussions

Plusieurs dossiers sensibles devraient être abordés lors de cette visite. La question migratoire figure en tête des préoccupations, notamment après la hausse significative des arrivées vers les îles espagnoles en 2025, qui a accentué les tensions entre les deux pays.

L’approvisionnement énergétique constitue également un enjeu central. L’Algérie reste un fournisseur clé de gaz pour l’Espagne, ce qui confère à la relation bilatérale une dimension stratégique incontournable.

Sur le plan économique, les conséquences de la crise ont été lourdes. Les entreprises espagnoles auraient subi des pertes estimées à plus de 3 milliards d’euros, tandis que les exportations vers l’Algérie ont fortement chuté entre 2021 et 2023.

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