Dans une réponse détaillée à une question parlementaire, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a levé le voile sur les mécanismes de financement permettant aux salariés de s’acquitter des tranches de leur logement AADL 3 via leurs entreprises.
Le premier argentier du pays a clarifié la possibilité pour les entreprises publiques rentables de conclure des conventions internes ou bancaires afin de soutenir leurs employés bénéficiaires du programme AADL 3.
Selon le ministre, l’octroi de crédits destinés à couvrir le premier versement — récupérables par précomptes salariaux — relève d’une « démarche purement commerciale ».
Cette procédure dépend de la relation contractuelle entre l’entreprise économique et son institution bancaire. Bouzred a souligné que l’acceptation de tels financements reste tributaire de deux conditions majeures :
- La capacité de remboursement du client.
- La liquidité et les capacités financières de la banque concernée.
Le ministre a toutefois rappelé que la mission prioritaire des banques demeure le financement des activités productives créatrices de valeur ajoutée, tout en respectant scrupuleusement les normes de gestion des risques en vigueur.
Entreprises et œuvres sociales : comment obtenir un prêt sans intérêt pour l’AADL 3 ?
Au-delà du circuit bancaire classique, les entreprises disposent d’une marge de manœuvre interne. Sous réserve de l’approbation de leurs organes de direction (Conseils d’administration et Directions générales), elles peuvent instaurer des « prêts administratifs internes ».
Ces avances, calibrées selon la solvabilité de chaque employé, sont remboursées par retenues mensuelles sur salaire. Par ailleurs, le ministre a révélé que de nombreux comités de services sociaux au sein des grandes entreprises se sont déjà mobilisés.
Ces structures prennent en charge l’octroi de prêts sans intérêt (0%) pour permettre aux travailleurs de régler leur premier apport initial en toute sérénité.
AADL 3 : Ce que l’État prend réellement à sa charge pour votre logement
En conclusion, le ministre des Finances a tenu à rappeler le poids du soutien public dans le segment du logement social participatif. L’État continue de subventionner massivement le programme AADL à travers plusieurs leviers :
- Le foncier : Prise en charge à 100 % du prix d’acquisition du terrain par le Trésor public.
- L’aide directe : Une subvention forfaitaire de 700 000 DA.
- Infrastructures : Financement total (100 %) des travaux de voirie et réseaux divers (VRD).
Le Trésor public prend en charge 100 % des intérêts bancaires pour le financement des programmes de construction (soit 62 % du coût total du projet), s’étalant sur une période de 25 ans. Au final, l’acquéreur ne supporte que 38 % du coût global, payables par tranches jusqu’à la remise des clés.
