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Crédit auto en Algérie : BNA, CPA, BDL… jusqu’à 100 % financés, les conditions banque par banque

Crédit auto en Algérie : BNA, CPA, BDL… jusqu’à 100 % financés, les conditions banque par banque
Couple algérien signant un crédit auto chez un concessionnaire en Algérie
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Depuis l’annonce de la BNA début septembre, la formule Mourabaha pour l’achat d’une voiture neuve suscite un fort intérêt en Algérie. La BNA n’est pourtant pas seule sur ce créneau : le CPA, la BDL, la BEA et Al Baraka financent aussi les véhicules produits ou assemblés localement. Par ailleurs, plafonds, durées, revenus exigés et transparence sur la marge varient d’une banque à l’autre. Voici donc le comparatif.

BNA : 90 % du prix sur 60 mois, mais pas de stock de voitures

La Banque nationale d’Algérie a présenté sur sa page Facebook officielle sa formule « Mourabaha Automobile ». Elle finance jusqu’à 90 % du prix d’un véhicule neuf fabriqué ou assemblé en Algérie, avec un remboursement étalé sur 60 mois au plus. Nous avions détaillé ce fonctionnement dans notre article sur la formule « Mourabaha » de la BNA.

La banque achète le véhicule au concessionnaire, puis le revend au client avec une marge bénéficiaire fixée d’un commun accord avant la signature. Le client connaît donc dès le départ le prix de revente, les mensualités et la durée. La BNA s’engage à traiter les dossiers complets en cinq jours au maximum.

Pour augmenter sa capacité de financement, le demandeur peut ajouter les revenus d’un « client partenaire » : son conjoint, un ascendant ou un descendant au premier degré. Ce partenaire fournit alors les mêmes pièces administratives et les mêmes justificatifs de revenus.

Point important : la BNA affiche le taux de son crédit classique, mais ne publie pas le taux de marge de cette formule. Elle ne précise pas non plus le revenu minimum, l’âge limite ni le plafond en dinars. Elle invite les clients à se rendre en agence pour une simulation personnalisée.

Face à l’engouement, la BNA a publié une mise au point. Sa publication présentait les conditions de la formule, sans annoncer de stock de voitures livrables immédiatement. Le financement dépend donc de la disponibilité préalable du véhicule chez un concessionnaire agréé. La banque a promis d’informer le public de toute évolution.

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CPA : un crédit classique et une Mourabaha, deux produits distincts

Le Crédit populaire d’Algérie propose deux formules qu’il ne faut pas confondre : un crédit à intérêt classique et un financement conforme à la finance islamique.

C’PLUS AUTO, le crédit à la consommation

Selon la fiche officielle du CPA, C’PLUS AUTO présente les caractéristiques suivantes :

  • Financement : jusqu’à 90 % du prix du véhicule neuf, dans la limite de 3 000 000 DA.
  • Apport : au moins 10 % du prix.
  • Revenu : stable et régulier, au moins égal à 1,5 fois le SNMG, avec au moins un an d’activité.
  • Mensualité : 30 % du revenu net mensuel au maximum.
  • Durée : de 12 à 60 mois, dans la limite de 70 ans d’âge.
  • Taux : celui des conditions générales de banque en vigueur, qui n’est pas chiffré sur la fiche.

Mourabaha Véhicule, la formule islamique

La Mourabaha Véhicule du CPA finance une voiture ou un motocycle neuf fabriqué ou assemblé en Algérie :

  • Financement : jusqu’à 90 % du prix, avec un plafond de 7 000 000 DA pour une automobile et de 1 000 000 DA pour un motocycle.
  • Conditions : être de nationalité algérienne, avoir moins de 70 ans et un revenu régulier d’au moins 30 000 DA.
  • Mensualité : 30 % du revenu mensuel net au maximum.
  • Durée : de 1 à 5 ans pour une automobile, différé compris.

Le CPA et la BEA n’affichent pas leur marge sur leurs sites. En janvier 2024, les deux banques avaient annoncé à l’APS une marge de 7,5 % par an. Ce chiffre n’a pas été confirmé depuis.

BDL, BEA, Al Baraka : ce que proposent les autres banques

BDL : jusqu’à 100 % du prix TTC

Sur sa page Mourabaha Véhicule datée de fin juin 2026, la Banque de développement local affiche les conditions suivantes :

  • Financement : jusqu’à 100 % de la valeur TTC du véhicule, dans la limite de 3 500 000 DA.
  • Véhicules concernés : véhicules de tourisme, cycles ou tricycles à moteur produits ou assemblés en Algérie.
  • Marge : 8,5 %. La BDL est l’une des rares banques à l’afficher.
  • Durée : de 3 à 60 mois.
  • Conditions : 65 ans au plus au moment de la demande, revenu régulier d’au moins 1,5 fois le SNMG.
  • Frais de gestion du dossier : gratuits.

Selon sa page produit mise à jour en juin 2026, la BDL finance jusqu’à 100 % du prix TTC, dans la limite de 3,5 millions DA, avec une marge de 8,5 %. Une version plus ancienne de la page, toujours en ligne, mentionne encore un plafond de 80 % et de 3 millions DA.

BEA : 7,5 % de marge annoncés en 2024

La BEA ne publie pas les conditions de sa Mourabaha Automobile sur son site. Fin 2023, au moment de son lancement, puis en janvier 2024 dans une déclaration à l’APS, son responsable de la finance islamique avait annoncé un financement jusqu’à 90 % du prix, sur une durée d’un à cinq ans, avec une marge fixe de 7,5 % par an. Ces conditions n’ont pas été actualisées publiquement depuis.

Al Baraka : la formule « Sayarat »

La Banque Al Baraka d’Algérie propose deux formules de financement automobile par Mourabaha. La première, baptisée « Sayarat Al Baraka », est son offre générale. Selon sa fiche produit :

  • Durée : de 12 à 60 mois.
  • Apport : au moins 10 % du prix du véhicule.
  • Mensualité : 30 % du salaire mensuel fixe au maximum.
  • Emploi : être confirmé à son poste en CDI, avec au moins 6 mois d’expérience.
  • Co-acheteur : le conjoint peut intervenir si le revenu du demandeur est inférieur à 40 000 DA.

La seconde formule découle d’un partenariat avec Stellantis El Djazaïr. Lancée en février 2025 pour le Doblo Panorama, produit à l’usine de Tafraoui, elle prévoit des conditions différentes :

  • Financement : jusqu’à 80 % du prix, ou 90 % pour les salariés d’institutions partenaires de la banque.
  • Apport : au moins 20 % du prix du véhicule.
  • Revenu : au moins 50 000 DA par mois, les revenus des conjoints pouvant être combinés.
  • Durée : de 12 à 60 mois, le dernier versement devant intervenir avant les 70 ans du client.
  • Coût : un taux effectif global (TEG) annoncé de 10,30 % par an.

Al Baraka est la seule banque à avoir rendu public un taux sur ce créneau. Ces conditions datent toutefois du lancement de l’offre, en février 2025. Par ailleurs, en janvier 2026, la banque a annoncé une nouvelle offre avec Stellantis pour la Fiat Grande Panda. Les conditions de cette nouvelle offre n’ont pas été détaillées.

Récapitulatif des offres

  • BNA, Mourabaha Automobile : jusqu’à 90 %, jusqu’à 60 mois, traitement en 5 jours au maximum, marge non communiquée.
  • CPA, C’PLUS AUTO : crédit à intérêt, jusqu’à 90 % dans la limite de 3 000 000 DA, apport de 10 %, 12 à 60 mois, revenu d’au moins 1,5 SNMG.
  • CPA, Mourabaha Véhicule : jusqu’à 90 %, plafond de 7 000 000 DA, 1 à 5 ans, revenu d’au moins 30 000 DA, marge non affichée.
  • BDL, Mourabaha Véhicule : jusqu’à 100 % TTC (à confirmer), plafond de 3 500 000 DA, 3 à 60 mois, marge de 8,5 %.
  • BEA, Mourabaha Automobile : jusqu’à 90 %, 1 à 5 ans, marge de 7,5 % par an annoncée en 2024 (à confirmer).
  • Al Baraka, Sayarat Al Baraka : 12 à 60 mois, apport de 10 %, conditions de revenu à confirmer.

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Mourabaha ou crédit classique : regarder le coût total

La Mourabaha n’est pas un financement sans frais : la banque se rémunère par une marge ajoutée au prix de revente du véhicule. Contrairement aux intérêts d’un crédit classique, calculés sur un capital qui diminue à chaque échéance, cette marge est fixée une fois pour toutes sur le montant financé, pour toute la durée du contrat.

À pourcentage affiché égal, les deux formules ne coûtent donc pas forcément la même chose. Avant de signer, il est utile de demander en agence le prix de revente total du véhicule et de le comparer au coût total d’un crédit classique sur la même durée.

Quelles voitures peut-on financer ?

Le décret exécutif n° 15-114 du 12 mai 2015, paru au Journal officiel n° 24, encadre le crédit à la consommation. Il le réserve aux biens produits ou assemblés en Algérie, pour une durée comprise entre 3 et 60 mois. Un arrêté interministériel, paru au Journal officiel n° 1 de 2016 et présenté par le ministère du Commerce, fixe la liste des biens éligibles. Cet arrêté exige aussi une attestation du producteur certifiant que le bien est produit ou assemblé en Algérie. La loi de finances 2025 a étendu le crédit à la consommation aux services, mais les autorités n’ont pas encore précisé publiquement ses modalités d’application. Enfin, les banques citées réservent elles aussi leurs formules Mourabaha aux véhicules produits ou assemblés localement.

À l’usine Fiat de Tafraoui (Oran), la Fiat 500 est sortie de la production pour laisser la place à la Grande Panda. Désormais, la gamme actuelle repose sur le Doblò, en versions vitrée (Doblò Panorama) et utilitaire.

Très attendue, la Fiat Grande Panda a été présentée par Stellantis le 4 septembre 2025. Son lancement commercial, d’abord annoncé pour février 2026, a été repoussé à plusieurs reprises. De plus, Stellantis El Djazaïr a aussi démenti les rumeurs sur son prix, que nous avions évoquées dans notre article sur le prix de la Fiat Grande Panda. Début juillet 2026, le constructeur a annoncé une commercialisation imminente. Cependant, aucune date de mise en vente ni aucun prix officiel n’avaient été communiqués au moment de la rédaction de cet article.

Les démarches, étape par étape

  • Choisir le véhicule : un modèle produit ou assemblé en Algérie, chez un concessionnaire agréé.
  • Obtenir les documents du concessionnaire : une facture proforma (au nom de la banque pour une Mourabaha) et une attestation de disponibilité du véhicule.
  • Constituer le dossier : pièce d’identité, extrait de naissance, certificat de résidence, fiche familiale pour les personnes mariées, justificatifs de revenus. Le co-acheteur ou client partenaire fournit les mêmes pièces.
  • Déposer la demande en agence : la banque étudie la capacité de remboursement, avec une mensualité généralement limitée à 30 % du revenu.
  • Signer le contrat : pour une Mourabaha, le client devient propriétaire du véhicule à la signature et rembourse ensuite par mensualités fixes.

Les conditions de ces financements (plafonds, marges, revenus exigés, pièces à fournir) peuvent évoluer d’un mois à l’autre. Il est donc recommandé de les vérifier directement en agence ou sur le site officiel de chaque banque avant toute démarche, afin d’éviter toute confusion.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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