Crash du vol Air Algérie au Mali : Swiftair condamnée à la peine maximale

Ce lundi 28 septembre, la justice française a rendu son verdict dans l’affaire du crash du vol d’Air Algérie au Sahel. Poursuivie pour homicides involontaires après le crash de son MD-83 le 24 juillet 2014, la compagnie espagnole, Swiftair, a été condamnée à la peine maximale de 225 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris.
Plus de douze ans après la tragédie du vol Ouagadougou-Alger qui a coûté la vie à 116 personnes au nord du Mali, la justice française tranche. Le tribunal a jugé que les « négligences » de Swiftair dans la formation et l’entraînement des pilotes ont directement contribué au crash du vol opéré pour Air Algérie.
Conformément aux réquisitions du parquet, le tribunal correctionnel de Paris a condamné la compagnie Swiftair à la peine maximale de 225 000 euros d’amende pour homicides involontaires. Ce jugement rendu ce lundi 28 septembre 2026 concerne le crash du vol AH5017, survenu le 24 juillet 2014 au Mali, qui avait coûté la vie à 116 personnes. Parmi les victimes figuraient des ressortissants algeriens.
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Une condamnation douze ans après le drame
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu la compagnie Swiftair coupable d’homicides involontaires, pointant des « négligences » déterminantes dans la formation et l’entraînement de ses pilotes. Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal a infligé au transporteur une amende de 225 000 euros, rejetant ainsi la demande de relaxe formulée par la défense.
Le 24 juillet 2014, le McDonnell Douglas MD-83 (immatriculé EC-LTV) effectuait la liaison Ouagadougou–Alger pour le compte d’Air Algérie, dans le cadre d’un contrat d’affrètement avec équipage opéré par Swiftair. À peine 32 minutes après le décollage, l’appareil s’écrasait près de Gossi, au Mali, ne laissant aucun survivant parmi les 110 passagers et les six membres d’équipage espagnols. Bien que souvent présentée comme la propriétaire de l’avion, Swiftair en était uniquement l’exploitant, la société Balcargo S.L. en étant le véritable propriétaire selon le rapport d’enquête malien.
L’enquête de sécurité conjointe entre le Mali et le BEA met en lumière l’enchaînement fatal du crash : l’absence de dégivrage des moteurs a provoqué l’obstruction de leurs capteurs par de la glace. Ce dysfonctionnement a transmis des mesures erronées à l’automanette qui, en réduisant la poussée, a rendu impossible le maintien de l’avion à son niveau de vol (31 000 pieds), sans réaction corrective adaptée de l’équipage.
La formation des pilotes pointée du doigt
Face à la perte progressive de vitesse, le pilote automatique a cabré l’appareil pour maintenir son altitude, conduisant le MD-83 jusqu’au décrochage fatal. Selon l’enquête, l’équipage n’a pas réagi aux alarmes de perte de vitesse ni appliqué les manœuvres d’urgence pour stabiliser l’avion. L’enregistreur vocal du cockpit étant inexploitable, les enquêteurs ont dû reconstituer le scénario du drame à partir des paramètres de vol et des échanges radio.
Selon le rapport final, Swiftair n’avait dispensé aux deux pilotes aucune formation ni contrôle relatifs à l’approche et à la récupération du décrochage. La session dédiée à ces manœuvres était prévue pour novembre 2014, trop tard pour éviter le crash. Les experts rappellent pourtant qu’un précédent avait eu lieu le 8 juin 2014 sur la même flotte : confronté à une perte de vitesse similaire en vol de croisière, un autre équipage de Swiftair avait évité l’accident en enclenchant immédiatement l’antigivrage des moteurs et en réduisant l’altitude.
Ces révélations techniques éclairent l’issue du procès parisien, tout en soulignant la frontière entre enquête et justice. Si le rapport d’investigation cherchait avant tout à comprendre les causes pour éviter un nouveau drame, le tribunal correctionnel — lors du procès de mars 2026 — a tranché sur le plan pénal. La justice a jugé la compagnie responsable : au-delà des erreurs de l’équipage, ce sont les lacunes de Swiftair dans la préparation de ses pilotes qui ont été sanctionnées. En réponse, le rapport malien préconisait déjà un renforcement de l’entraînement au décrochage pour la flotte MD-80 et une révision de la protection antigivrage des moteurs.
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