Coup de filet en Méditerranée : 24 passeurs arrêtés dans un réseau entre l’Algérie et l’Espagne

Coup de filet en Méditerranée : 24 passeurs arrêtés dans un réseau entre l’Algérie et l’Espagne
Un vaste réseau de passeurs opérant entre l’Algérie et l’Espagne a été démantelé. Europol annonce 24 arrestations après une enquête menée avec la France.

24 passeurs ont été arrêtés par les autorités espagnoles à la suite d’une enquête conjointe avec la France. Ce succès opérationnel illustre la montée en puissance d’Europol, qui vient de se doter de l’Ecams, une nouvelle structure dédiée spécifiquement à la lutte contre les réseaux de passage clandestins.

Europol a annoncé le démantèlement d’un vaste réseau criminel basé en Espagne, se soldant par l’arrestation de 24 individus de nationalités algérienne, espagnole et marocaine. Ces interpellations, incluant l’un des principaux dirigeants, ont eu lieu les 22 et 23 mars.

Le groupe est accusé d’organiser des traversées clandestines au départ de l’Algérie vers Almeria, Murcie et les îles Baléares.

Un réseau de passeurs démantelé en Espagne

Les 22 et 23 mars 2026, une enquête dirigée par l’Espagne avec l’appui de la France et d’Europol a permis de démanteler un réseau de passeurs opérant en Méditerranée occidentale. Cette organisation, qui fournissait également un soutien logistique à d’autres réseaux, se distinguait par une structure internationale poly-criminelle.

En plus du trafic de migrants — mettant des vies en péril lors de traversées maritimes dangereuses — le groupe était impliqué dans le trafic de drogues, d’armes et le blanchiment d’argent.

L’organisation criminelle, composée de ressortissants algériens, marocains et espagnols, était solidement implantée à Almería. Bien que centrée sur cette région espagnole, elle disposait de ramifications stratégiques en France, notamment à Marseille et Perpignan, ainsi qu’à La Jonquera.

Ce maillage international permettait au réseau de gérer une logistique complète : de l’hébergement au transport des migrants vers l’Union européenne, en passant par le contrôle d’infrastructures industrielles et de flottes de transport (bateaux rapides, navires de plaisance et véhicules terrestres).

Des bateaux rapides au départ de l’Algérie vers Almería, Murcie et les îles Baléares

Le réseau utilisait principalement des bateaux rapides et de plaisance pour acheminer les migrants depuis l’Algérie vers Almería, Murcie et les îles Baléares. Ces embarcations, stockées en Espagne, étaient équipées de moteurs puissants fournis par des complices basés en France. Une fois arrivés sur les côtes espagnoles, les migrants étaient convoyés par voie terrestre vers la France et d’autres pays d’Europe occidentale.

Le bilan de l’opération fait état de 24 arrestations. Lors des 14 perquisitions menées en Espagne, les autorités ont saisi :

  • Une flotte variée (bateaux de type « phantom », semi-rigides et navires de plaisance)
  • Des véhicules haut de gamme, des remorques et des moteurs hors-bord ;
  • Plus d’une tonne de tabac à chicha et près de 1 200 litres de carburant ;
  • Du matériel de haute technologie (téléphones satellites, GPS marins Garmin, brouilleurs de signaux) ;
  • Des armes (fusils de chasse et à air comprimé) et plus de 80 000 euros en liquide.

Ateliers de réparation de bateaux sur remorques pour accélérer les transferts maritimes

Le réseau se distinguait par une spécialisation poussée de ses membres, allant de l’approvisionnement en moteurs haute performance à la surveillance des forces de l’ordre. Des unités de réparation mobiles aménagées dans des remorques ont été aussi mobilisées.

Ce mode opératoire permettait au réseau d’être totalement autonome pour ses besoins mécaniques, garantissant des rotations plus rapides et une efficacité accrue lors des opérations de contrebande.

La rapidité offerte par les moteurs de forte puissance se fait au prix de risques mortels pour les migrants, victimes de la surpopulation des embarcations. Ce réseau s’est imposé comme un acteur central du crime organisé en Méditerranée, vendant ses moteurs et son savoir-faire en matière de surveillance à des organisations tierces. Cette capacité à soutenir l’ensemble de l’écosystème criminel local souligne la menace majeure que représentent ses dirigeants.

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