Un nouveau projet technique vient renforcer les efforts algériens en matière de transition énergétique, avec un focus particulier sur le secteur du bâtiment, identifié comme l’un des plus énergivores du pays.
Dans le cadre de la coopération algéro-allemande, le bureau de conseil et d’ingénierie international allemand Dorsch Impact a annoncé, vendredi, le lancement d’un nouveau projet destiné à accompagner l’Algérie dans le développement de son cadre réglementaire pour l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment.
Cette initiative s’inscrit dans le programme « TaqatHy+ », mis en œuvre par l’Agence allemande pour la coopération internationale (GIZ), avec le soutien financier du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement.
Le secteur du bâtiment figure parmi les plus grands consommateurs d’énergie en Algérie, au même titre que les secteurs du transport et de l’industrie. Malgré son poids considérable dans la consommation énergétique nationale, ce secteur souffre encore d’un cadre réglementaire fragmenté, marqué par l’absence de mécanismes d’incitation clairement définis et de normes véritablement applicables sur le terrain.
Cette lacune prend une dimension particulièrement préoccupante dans le contexte actuel, notamment avec le déploiement du programme « AADL 3 », qui ambitionne la réalisation d’un million de logements destinés à la classe moyenne.
L’absence d’un référentiel énergétique cohérent risque, en effet, de compromettre les objectifs d’efficacité énergétique à long terme de ce vaste programme immobilier.
C’est précisément dans ce contexte que l’intervention de Dorsch Impact prend tout son sens, en ciblant la modernisation du dispositif juridique et institutionnel qui régit l’efficacité énergétique dans les constructions, un axe jugé fondamental au regard du Programme national d’efficacité énergétique 2025-2035.
TaqatHy+ : un projet structuré en plusieurs phases complémentaires
Le projet se déploie selon une méthodologie progressive, articulée autour de plusieurs phases de travail distinctes mais complémentaires, allant du diagnostic initial jusqu’à la formulation de recommandations concrètes et opérationnelles.
La première étape consiste en un diagnostic approfondi du marché algérien de l’efficacité énergétique. Ce travail préliminaire comprend une analyse détaillée du cadre réglementaire existant, une classification des zones climatiques du territoire national, ainsi qu’un examen des études sectorielles antérieures déjà réalisées dans ce domaine.
À cela s’ajoute l’élaboration de cartographies institutionnelles relatives au système d’accréditation dans le domaine de l’électricité verte, afin de dresser un panorama complet et précis de l’écosystème actuel.
Dans un second temps, l’équipe chargée du projet procède à une comparaison internationale avec trois pays de référence, dont le choix sera arrêté en cours de mission.
L’objectif de cet exercice comparatif est d’identifier les meilleures pratiques mondiales en matière de normes de construction, de mécanismes d’incitation, de certifications de performance énergétique et d’exigences réglementaires.
Cette mise en perspective internationale permettra d’alimenter les réflexions sur les adaptations envisageables pour le contexte algérien.
Élaboration de recommandations, restitution et concertation nationale
Sur la base des enseignements tirés des deux premières phases, le projet passe à l’élaboration de recommandations pratiques pour la réforme du cadre réglementaire. Ces recommandations porteront notamment sur la proposition de mécanismes de marché, d’incitations financières et de stratégies de développement du secteur de l’efficacité énergétique.
Une feuille de route d’exécution, concrète et applicable, sera également proposée à l’issue de ce travail analytique.
Le projet se conclut par l’organisation d’ateliers de travail réunissant les différents acteurs nationaux concernés. Ces sessions participatives auront pour vocation de présenter les résultats obtenus, d’en débattre collectivement et d’explorer les voies de leur mise en œuvre effective.
Cette démarche concertée vise à garantir que les réformes proposées soient intégrées au niveau institutionnel de manière durable et consensuelle.
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Des retombées attendues sur le moyen et long terme
À terme, ce projet devrait contribuer de manière significative à la réduction de la consommation énergétique au sein des bâtiments algériens, en instaurant un cadre réglementaire unifié et efficace.
Ce référentiel commun devrait permettre de faire émerger un véritable marché de l’efficacité énergétique et d’encourager l’investissement dans la construction durable, deux leviers essentiels pour accompagner la transition énergétique du pays.
Par ailleurs, le projet est également censé contribuer à l’accélération de la mise en œuvre du Programme national d’efficacité énergétique 2025-2035, un document stratégique qui place l’efficacité énergétique au cœur des priorités nationales pour les dix prochaines années.
En renforçant la capacité de l’Algérie à faire face aux défis climatiques et à réduire sa dépendance aux énergies conventionnelles, cette coopération technique algéro-allemande s’inscrit résolument dans une vision de développement durable et de souveraineté énergétique à long terme.
