Contentieux international : la nouvelle arme juridique de l’Algérie face aux investisseurs étrangers

Un décret signé par le Premier ministre Seifi Gharib vient de transformer en profondeur l’architecture juridique de l’État algérien.
Publié sous le numéro 26-270, ce texte acte la naissance d’une Direction générale du contentieux international, rattachée directement aux services du Premier ministère. Sa mission : assurer la défense exclusive de l’Algérie dans tous les litiges qui l’opposent à des investisseurs étrangers devant les instances d’arbitrage international.
Une compétence exclusive pour centraliser la défense de l’État
Érigée en interlocuteur unique sur l’ensemble des affaires d’arbitrage, la nouvelle structure met fin à l’éparpillement institutionnel qui caractérisait jusqu’ici la gestion de ces dossiers sensibles. Placée sous l’autorité directe du chef du gouvernement, elle dispose d’une compétence exclusive sur chaque litige impliquant l’État algérien face à un partenaire étranger.
Son périmètre d’intervention est large. La Direction couvrira les différends nés de traités internationaux de protection des investissements, de législations nationales ou de contrats spécifiques. Elle prendra également en charge les contentieux commerciaux dans lesquels des collectivités locales ou des entreprises publiques algériennes se retrouvent en opposition avec des opérateurs étrangers.
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Représentation directe et règlement amiable : deux piliers de la nouvelle structure
Devant les tribunaux arbitraux, qu’ils soient institutionnels ou constitués de manière ad hoc, la Direction générale assurera la représentation directe de l’État. Ses équipes auront la charge d’élaborer des stratégies de défense unifiées, conçues pour préserver le patrimoine public dans sa globalité.
La structure ne se limitera pas à la phase contentieuse stricte. Habilitée à conduire des négociations en vue de règlements amiables, elle pourra signer des accords de conciliation au nom de l’État avec les investisseurs étrangers. Elle veillera par ailleurs à l’exécution, dans des délais raisonnables, des sentences arbitrales définitives prononcées à l’issue des procédures.
Un rôle préventif pour éviter la multiplication des litiges
Au-delà de la gestion des conflits déclarés, le décret confie à la Direction générale une mission d’accompagnement en amont. Elle interviendra auprès des institutions publiques lors de la rédaction de leurs contrats internationaux, pour anticiper les clauses susceptibles de générer des différends futurs.
Une coordination étroite entre les différents ministères concernés est également prévue dès l’apparition d’un désaccord commercial. Cette approche préventive vise à réduire le nombre de dossiers qui finissent devant les instances arbitrales, souvent au terme de procédures longues et coûteuses.
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Pour garantir la qualité de ses interventions, la structure est autorisée à mobiliser des compétences extérieures. Elle peut solliciter des avocats, des conseillers juridiques ainsi que des experts, nationaux ou étrangers selon les besoins de chaque dossier. Une flexibilité qui permettra à l’Algérie de s’aligner sur les standards des grandes puissances économiques en matière de défense juridique internationale.








