Constantine : L’IRM encore en panne, le CHU aussi

lundi 15 avril 2019 à 10:49
Source de l'article : Reporters.dz

Le CHU n’a pas signé de contrat de maintenance avec le fournisseur, la commande de la pièce défectueuse doit transiter par le contrôle financier pour être adoptée, d’autres services ont aussi leur mot à dire. Bref, un parcours du combattant, c’est la procédure pour réparer ou faire réparer un appareil de la radiologie centrale du CHU de Constantine, autrefois célèbre pour ses compétences, aujourd’hui, pour ses appétences de la bureaucratie et de… l’incompétence. Tout cela pour dire que l’IRM (imagerie par résonnance magnétique) est encore en panne.

de Constantine, Hamid Bellagha
Tout comme le seul scanner du CHU, il y a quelques semaines, tout comme les robots d’analyses diverses régulièrement. «A Constantine, on essaye de traiter les malades, mais on s’évertue à ce que l’appareillage de la radio centrale et autres services soient toujours en panne», dixit un médecin qui exerce au CHU depuis 25 ans et qui ne fait que constater la déliquescence de celui qui était le second hôpital civil en Algérie, après Mustapha-Pacha d’Alger. «Cela ne soumet pas tellement la direction du CHU, a remarqué notre interlocuteur, car en amont tout a été mal fait. Les contrats avec les fournisseurs de l’appareillage médical se font toujours dans l’opacité et ne bénéficie aucunement au CHU, donc aux malades.

Et à la moindre panne, on se retrouve à la merci de l’opérateur étranger et pour les réparations et pour les pièces de rechange ». Tout ça pour dire que la panne de l’IRM, qui va vers une trentaine de jours, devient «banale» dans l’incurie qui caractérise le CHU de Constantine. Il faut dire que la sur-utilisation de cet appareil, et d’autres, fait que les pannes deviennent fréquentes quand elles ne sont pas provoquées pour permettre au personnel de se «reposer», et d’orienter, en même temps les malades «pour rendre service» vers les cliniques privées ou le moindre des examens d’IRM dépasse 25 000 DA.

General Electric, l’entreprise américaine qui fournit en partie le CHU, a bien délégué un de ses techniciens pour une réparation de l’appareil, il y a déjà quelques mois, pour que notre fameux IRM se remette à faire des caprices et refuse encore de fonctionner depuis trois semaines. Le diagnostic, cette fois, incrimine une pièce défectueuse qui doit être remplacée impérativement, mais les écueils administratifs cités plus haut, conjugués au laisser-aller des responsables de l’hôpital Ben Badis font que la panne a encore de beaux jours devant elle. De même que les cliniques privées qui foisonnent, comme par hasard, aux alentours du centre hospitalier de Constantine.

La fameuse pièce devrait être ramenée de l’espace géographique de l’Union européenne, mais la date ne nous a pas été communiquée, tout simplement parce que personne n’est en mesure de le faire. En attendant, le directeur général du CHU continue de traquer les femmes de ménage en retard à leur boulot, le personnel médical qui ne s’acquitte pas de sa garde, le plombier qui vole quelques tuyaux de plomb, mais ne se soucie guère des problèmes vitaux pour le malade. Comme les pannes de l’IRM, du scanner et la livraison du centre pour cancéreux qui n’en finit pas d’étaler ses travaux qui durent depuis… 12 ans !

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