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Constantine L’incontournable marché Ferrando

Constantine L’incontournable marché Ferrando
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Le marché Ferrando est l’un des plus prisés de la ville, si ce n’est le mieux loti en marchandises et en produits alimentaires en tous genres.

Le marché des Frères-Battou, plus connu sous le nom de marché Ferrando, doit son nom à son ancienne propriétaire, une Française qui a quitté Constantine il y a à peine une dizaine d’années. Cet ancien garage de voitures, d’une surface d’environ 3.000 m², a été transformé en marché couvert au début des années 1980 et dispose de plus d’une centaine de locaux. Du fait de sa position géographique, situé en plein cœur de la ville, au boulevard Belouzidad, et de son animation perpétuelle, le marché Ferrando est devenu un lieu incontournable à Constantine. Les habitués et les étrangers trouvent leur bonheur même si les prix affichés sont nettement plus excessifs à ceux pratiqués ailleurs dans la ville. Qu’importe, les clients se bousculent, particulièrement en ce mois de Ramadhan, où l’on retrouve des saveurs et des étals colorés, achalandés de fruits et légumes, poissons, viandes et volailles. Il y a même deux fleuristes, des épiciers, des vendeurs de pain, d’œufs fraîchement pondus, et même de vaisselle. Des petits commerçants qui contribuent au charme et à la réputation de ce lieu, et qui proposent une impressionnante variété de produits provenant des fermes locales : du citron, des fines herbes, du miel, de l’huile d’olive des régions de Jijel et Skikda, de la galette fait maison, et surtout des fruits et des légumes qu’on ne trouve nulle part. C’est le cas du gombo de la ville de Hamma Bouziane par exemple, réputé et apprécié par les familles constantinoises en ce mois sacré. « Les petits produits du terroir sont introuvables ailleurs, c’est ce qui fait la réputation de ce marché. Actuellement, vous trouverez les figues, les cerises, ou les pêches des plantations de la région de Ghorab et Hamma Bouziane. Des produits très particuliers d’une saveur inégalable », nous dira Didine, 46 ans, un habitué des lieux. En ce mois de Ramadhan, l’ambiance est survoltée, les clients se bousculent au niveau des trois allées du marché, avec un engouement certain pour les produits locaux. Chaque allée présente une particularité, avec ses commerçants et son décor : le coin des poissonniers, celui des vendeurs d’olives et de fruits secs, ou encore celui dédié à la volaille.
Les marchands ambulants, moins nombreux qu’auparavant, s’installent aux alentours du marché, les plus privilégiés d’entre eux rangent leurs étals à l’intérieur. C’est le cas de Badro, un jeune de 28 ans qui, depuis plus de huit ans, tient avec son frère un étal de légumes et de fines herbes. « Nous avons une clientèle régulière attirée par les meilleurs produits. Par exemple, nous proposons chaque jour toutes les variétés de salade verte, des produits frais et de bonne qualité. Dans les autres marchés, la salade verte est, certes, moins chère mais la qualité n’est pas la même », dira-t-il pour expliquer les prix qu’ils pratiquent. Plus loin, Khaled tient un étal de produits locaux variés, de l’incontournable khatfa (feuilles de brik fait maison) à l’huile d’olive de la région d’El Milia (Jijel) en passant par la galette préparée le matin même par El Hadja (sa maman), jure-t-il. « C’est une petite entreprise familiale, avec l’aide de ma femme et ma mère, ainsi que mon jeune frère. Tout le monde s’y met, et j’avoue qu’avec l’aide de Dieu, les affaires marchent bien, mes clients viennent chaque jour parce qu’ils savent qu’ils trouveront le même produit qu’ils ont acheté la veille. » Sans le savoir peut-être, les commerçants du marché Ferrando perpétuent une certaine tradition en proposant les mêmes aliments savoureux et naturels, étalés sur les trottoirs du boulevard Belouizdad il y a plus de trente ans. « Avant l’ouverture du marché couvert, tout le boulevard était animé par des marchands de fruits et de légumes qui venaient chaque jour installer leur marchandise, et le soir venu, ils nettoyaient les lieux. C’était la belle époque ! », se souvient Mohamed, un sexagénaire habitant le quartier. Signalons, enfin, que le marché est géré par l’APC de Constantine et est malheureusement dans état lamentable, il a connu une dégradation remarquable ces dernières années notamment en matière d’hygiène. L’année passée, un impressionnant incendie s’est déclaré au sein du marché, conduisant à sa fermeture pendant près de six mois.

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