La justice mère de toutes les batailles
Considérée comme la mère de toutes les batailles, la lutte contre la corruption est la nouvelle feuille de route du gouvernement qui a décidé de s’attaquer plus fermement à ce fléau pour rétablir la confiance avec les citoyens.
Dans les années quarante, lors d’une réunion qu’il avait tenue avec ses ministres, après les intenses bombardements de l’aviation allemande qui avait pris pour cible les édifices officiels, Winston Churchill avait dit, en substance, «tant que la justice est debout, l’Angleterre le sera».
Cette métaphore, qui fera date, montre à quel point la justice occupe une place prépondérante dans la vie de ce pays et que pour pouvoir l’instaurer et surtout la préserver il lui a fallu payer un très lourd tribut. En en faisant une préoccupation majeure durant son mandat, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, compte, en tout cas, beaucoup sur les réformes qu’il a initiées l’année dernière pour dynamiser le secteur et le soustraire des griffes de ceux qui le tiennent en otage. La lutte contre la corruption et les inégalités sociales revêtent, à ses yeux, une importance capitale, c’est pourquoi il a déclaré, à maintes reprises, qu’il ne ménagera aucun effort pour venir à bout de ces fléaux tentaculaires qui rongent la société et menacent ses fondements. A commencer par l’administration et les organismes qui assurent une mission de service public.
Il est de notoriété publique que l’Administration algérienne est confrontée à des problèmes de toutes sortes, en raison précisément de la corruption rampante et de l’absence de moyens efficaces pour la combattre. Le mal est devenu tellement profond qu’il a fini par indisposer tout le monde. Que ce soit les ministères, les wilayas, les APW, les daïras ou les APC, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne fasse état ici ou là de scandales et de responsables et élus arrêtés pour des délits de corruption. Profitant de la détresse des Algériens et faisant souvent passer l’intérêt particulier au-dessus de l’intérêt général, de pseudos élus se seraient laissés tenter, en monnayant, qui un logement, qui un service, tout en sachant pertinemment que ces pratiques malsaines, voire répugnantes sont réprimées sévèrement par la loi.
D’ailleurs, le lexique s’est élargi avec un nouveau vocable appelé communément «tchipa», qui s’est substitué à la traditionnelle «kahoua.» Un mot en vogue que l’on mange à toutes les sauces et conjugue à tous les temps. Ce qui s’est passé dernièrement à l’APC d’Alger-Centre, n’est que la face visible de l’iceberg. Ce ne sont pas huit ou dix, au demeurant, mais des centaines, voire des milliers d’agents, au niveau des communes, qui seraient suspectés de corruption. S’ils n’ont pas été inquiétés jusque-là, c’est, sûrement, parce qu’ils seraient protégés.
On s’étonne, du reste, pourquoi seuls de petits agents sont désignés du doigt, alors que les élus sont tout aussi responsables soit parce qu’ils sont complices, soit parce qu’ils ont failli à leur devoir et à leur mission. La lutte contre les inégalités sociales et les passe-droits constituent l’autre priorité de Abdelmalek Sellal et son gouvernement. Conscient de la difficulté qui l’attend, le Premier ministre a promis de faire tout ce qui est en son pouvoir pour rétablir la justice sociale et stimuler le monde de l’emploi afin de redonner confiance aux jeunes, particulièrement les diplômés qui n’attendent que le moment propice pour aller trouver ailleurs ce qu’ils n’ont pas encore pu trouver chez eux.
