Condamné en 2013 à 18 ans de réclusion pour cinq viols, Christian E., 47 ans, fait face à son passé. Né en Algérie puis adopté par un couple français, cet homme se retrouve aujourd’hui de nouveau sous les projecteurs de la justice.
Une promenade nocturne a viré au drame, samedi 11 juillet à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Sortie de la résidence universitaire des Gazelles vers une heure du matin pour fuir la chaleur, une étudiante de 19 ans a été prise pour cible par un automobiliste.
Malgré ses tentatives pour lui échapper à pied, la victime a été poursuivie, menacée — probablement avec une arme blanche — puis forcée à monter à bord du véhicule de son agresseur.
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Christian E. suspecté d’avoir kidnappé puis violé une étudiante à Aix-en-Provence
Prise au piège dans le véhicule, la jeune victime a eu le réflexe de composer le 17 en toute discrétion. Grâce à cette ligne restée ouverte, le policier au bout du fil a pu surprendre la conversation entre l’agresseur et l’étudiante, comprenant instantanément qu’un drame était en cours. Une réactivité malheureusement interrompue lorsque le conducteur, réalisant le stratagème, a confisqué et éteint l’appareil.
Une course contre la montre s’engage pour localiser le véhicule. Mais le temps joue contre les enquêteurs. L’agresseur a déjà parcouru plusieurs kilomètres pour s’isoler et violer l’étudiante. Puis, dans un geste aussi soudain qu’inattendu, il décide de la raccompagner là où il l’a enlevée. Il est environ 4 heures du matin lorsqu’elle est déposée au pied de sa résidence universitaire. Sur place, les policiers, parvenus à remonter la trace de son appel d’urgence, l’attendent déjà.
Malgré le traumatisme, la victime fait preuve d’une lucidité remarquable : elle fournit aux enquêteurs la description précise de la voiture, une Audi A3, ainsi que sa plaque d’immatriculation. L’alerte est générale. Quelques minutes plus tard, le fuyard est intercepté sur l’autoroute A51 à hauteur de Luynes par la brigade anticriminalité et la patrouille de nuit. Le suspect, Christian E., 47 ans, s’avère être un profil lourd, très défavorablement connu de la justice.
Un même mode opératoire
Derrière ce profil se cache un récidiviste au parcours glaçant. Né en Algérie et adopté par un couple français, Christian E. avait été condamné en janvier 2013 à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Alpes-Maritimes pour une série de cinq viols qu’il avait reconnus. Marié et père de famille à l’époque, il reproduit aujourd’hui exactement le même mode opératoire qu’il y a treize ans : enlever ses victimes en voiture, s’isoler pour les violer, puis les ramener sur leur lieu de départ.
Parmi ses précédentes victimes, une adolescente mineure avait été kidnappée à la sortie de son école. Tout comme l’étudiante d’Aix-en-Provence, elle avait réussi à appeler sa mère en secret pour donner l’alerte. Un courage qui n’avait pas empêché son viol sur les hauteurs de Nice, avant qu’elle ne soit ramenée en plein centre-ville. D’autres agressions s’étaient succédé selon le même schéma : une étudiante enlevée près du tunnel de Magnan à Nice, ou encore une jeune fille kidnappée juste après avoir retiré de l’argent à un distributeur.
Libéré le 6 juin dernier après quinze ans de réclusion — dont les six derniers mois en placement extérieur dans une structure de réinsertion à Gardanne —, Christian E. travaillait depuis dans un parking d’Aix-en-Provence fréquenté par de nombreux étudiants. Le quadragénaire a été mis en examen dimanche soir pour enlèvement, séquestration, menaces de mort et viols avec arme en récidive légale, avant d’être placé en détention provisoire.
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