Compléments alimentaires en Algérie : l’État s’attaque à un marché à 500 millions $ en zone grise

Compléments alimentaires en Algérie : l’État s’attaque à un marché à 500 millions $ en zone grise
Compléments alimentaires

Le marché des compléments alimentaires en Algérie s’impose progressivement dans le quotidien des consommateurs, porté par une demande croissante et des circuits de distribution en pleine mutation.

Mais derrière cette expansion rapide, un constat s’impose. L’absence d’un encadrement clair expose à des dérives, tant sur la qualité des produits que sur leur usage.

Face à cette situation, les pouvoirs publics enclenchent un tournant réglementaire avec un projet de décret destiné à structurer un secteur longtemps resté dans une zone grise.

Compléments alimentaires en Algérie : un projet de décret pour combler un vide juridique persistant

Réuni sous la présidence de Sifi Ghrieb, le gouvernement a examiné un projet de décret exécutif visant à définir les caractéristiques techniques des compléments alimentaires destinés à la consommation humaine. Ce texte s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire.

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L’objectif affiché est clair : combler un vide juridique qui perdure dans un secteur en pleine expansion. Le projet prévoit notamment :

  • La définition de spécifications techniques précises
  • L’établissement d’une liste des vitamines et minéraux autorisés
  • La fixation de doses maximales pour ces substances

Ce cadre s’appuie sur les orientations du programme conjoint de la FAO et de l’OMS, avec une priorité donnée à la sécurité sanitaire et à la prévention des risques pour les consommateurs.

Entre statut hybride et encadrement partiel des compléments alimentaires en Algérie

Aujourd’hui, les compléments alimentaires évoluent dans un cadre juridique ambigu. À mi-chemin entre aliment et produit de santé, ils relèvent partiellement de la loi n°18-11 de juillet 2018 relative à la santé.

Ce texte assimile certains compléments à des produits pharmaceutiques, soumis à une obligation d’enregistrement avant leur mise sur le marché. Toutefois, une grande partie des produits échappe à un encadrement spécifique, ce qui entretient des zones d’incertitude.

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Cette situation se complique davantage avec :

  • Le développement des ventes en ligne
  • La prolifération de circuits informels
  • L’absence de contrôle systématique sur certains produits

Résultat, des consommateurs exposés à des produits de qualité variable, voire à des substances non conformes.

Un marché en forte croissance sous surveillance accrue

Estimé à 500 millions de dollars, le marché national des compléments alimentaires connaît une progression rapide. Cette dynamique attire de nombreux acteurs, mais accentue aussi les risques liés à l’absence de régulation.

Les autorités ont déjà procédé à des interdictions ponctuelles de produits jugés dangereux ou non conformes, confirmant l’existence de dérives. La circulation de compléments contrefaits ou falsifiés constitue également une préoccupation croissante, alimentée par des réseaux informels et des pratiques commerciales trompeuses.

Dans ce contexte, l’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande un renforcement global du dispositif, incluant :

  • Des contrôles avant et après la mise sur le marché
  • Une réglementation plus stricte de la publicité
  • Un encadrement rigoureux de l’étiquetage
  • Une meilleure information des consommateurs

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Au niveau international, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) adopte une position prudente. Elle ne recommande pas l’utilisation systématique des compléments alimentaires chez les personnes en bonne santé, privilégiant une alimentation équilibrée comme source principale de nutriments.