Comment sera la future Assemblée ? La crainte des islamistes

Comment sera la future Assemblée ? La crainte des islamistes
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La course à la septième législature est lancée. Elle s’annonce plutôt rude. Les sièges au sein de l’hémicycle risquent d’être fort difficiles à décrocher. A l’origine, ce sont les changements survenus tant sur le plan législatif que sur le plan du paysage partisan enrichi par de nouvelles accréditations.

L’entrée en lice des partis, jusque-là absents pour une raison ou une autre du paysage institutionnel, APC, APN et Sénat, réduit les marges de manœuvre. A l’exemple du FFS qui a préféré, dès 2007, se démarquer en affichant son boycott en guise de «désaveu» ou celui de la mouvance islamiste dirigée par Cheikh Djaballah, «privé» de prendre part aux précédentes élections faute de parti, ainsi que l’arrivée de 17 nouvelles formations, nées quasiment des dissidences de certains partis tel le cas pour El Islah, le MSP, le FLN et le RCD, ainsi que la nouvelle facilite d’accès à la candidature pour les indépendants qui doivent désormais réunir 400 signatures, risquent de compliquer les calculs et même de les fausser. Islamistes, nationalistes ou laïques, tous ces partis ont vécu des soubresauts et des guerres intestines les minant parfois et suscitant une anarchie indescriptible en leur sein. Cela les a discrédités aux yeux même de leur base. Une base désabusée mais qui compte bien prendre sa revanche sur le «système» accusé d’être à l’origine de ces crises préfabriquées. Et ce n’est sûrement pas l’élargissement à 73 nouveaux sièges à l’Assemblée populaire nationale rendant le nombre à 462 sièges au lieu de 389, qui va satisfaire tout ce monde. Traditionnellement partagée entre FLN qui détenait 136 sièges et compte 12 ministres au sein de l’actuel gouvernement, le RND avec ses 62 députés et un ministre, en l’occurrence Benbouzid, le MSP et ses 51 parlementaires et quatre portefeuilles ministériels, le RCD présent grâce à 19 représentants, le PT et ses 26 députés, enfin le FNA qui compte 15 députés et les 33 autres pour les Indépendants, la future Assemblée risque d’être multicolore. On s’attendrait même à voir une majorité islamiste tant le démembrement de cette mouvance en micro partis est important. Il a été, d’ailleurs, favorisé par un long travail de sape qu’encouragent les résultats obtenus par les partis islamistes tant en Egypte qu’en Tunisie ou même en Libye suite au fameux «printemps arabe». La nouvelle configuration politique et en plus du MSP, d’El Islah et d’En-Nahda, sera agrémentée par la présence du Front du changement national de Abdelmadjid Menasra, ainsi que le FJD de Abdallah Djaballah qui avait perdu le contrôle d’En-Nahda en 1998, pour être dépossédé une nouvelle fois en 2008 d’El-Islah et celui de Djamel Benabdesselem, et à moindre tendance celui de Mohamed Saïd compte tenu de sa proximité avec Ahmed Taleb Ibrahimi. Les partis religieux algériens semblent favoris non seulement par leur nombre mais surtout par une assise populaire de plus en plus acquise à la cause. Pointant un doigt accusateur vers l’administration, déjà diabolisée, les islamistes restent convaincus qu’en cas «d’élections libres», ils seront majoritaires au sein de l’Assemblée nationale. Cela ne voudrait évidemment pas dire que ce courant risque de prendre le pouvoir exécutif, du fait que c’est au président de la République que la Constitution a permis de nommer le Premier ministre. Mais en attendant, nous sommes aussi à la veille des échéances présidentielles. Les regards de certains sont déjà braqués en direction de la fin de mandature et briguer la magistrature suprême ne relève plus de l’utopique.

Azzedine B.