Cocaïne, Kalachnikov, mitrailleuse : l’ANP stoppe un convoi à Tamanrasset

Un convoi lourdement armé a été stoppé net dans l’extrême sud du pays. Dans la nuit du 30 septembre, des détachements combinés de l’Armée nationale populaire ont intercepté cinq hommes qui acheminaient une cargaison de cocaïne à travers le secteur militaire de Tamanrasset, en 6e Région militaire. L’un d’eux a été abattu. En revanche, les quatre autres se sont rendus. Le bilan communiqué par le ministère de la Défense nationale fait état de plus de 80 kilogrammes de poudre blanche récupérés. Ces drogues étaient réparties dans trois véhicules utilitaires.
L’ANP neutralise un narcotrafiquant lors d’une opération ciblée à Tamanrasset
L’intervention s’est appuyée sur un travail préalable de renseignement, précise le MDN dans son communiqué diffusé ce jeudi 1er octobre. Les unités engagées ont pu localiser le convoi avant qu’il ne franchisse les zones de passage habituelles. L’accrochage a coûté la vie à l’un des membres du groupe.
Les quatre survivants, tous porteurs d’armes, ont été appréhendés sur place. L’armement saisi donne la mesure du danger : une mitrailleuse de type FMPK, un pistolet-mitrailleur Kalachnikov et un stock conséquent de munitions. Par ailleurs, quatre téléphones portables ont aussi été récupérés. Ce sont des appareils qui intéressent désormais les enquêteurs pour remonter les ramifications du réseau.
Ce type d’arsenal n’est pas inédit dans la région. En juin dernier, un lot d’armes de guerre comprenant notamment des lance-roquettes RPG-7 et des mitrailleuses DUSHKA avait déjà été intercepté par les forces armées à In Guezzam. Cela confirme la militarisation croissante des filières opérant dans le Sahara.
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Plus de 80 kg de cocaïne saisis dans trois véhicules utilitaires
La marchandise se trouvait dissimulée à bord de trois utilitaires, un mode de transport privilégié par les convoyeurs qui misent sur l’immensité des pistes sahariennes pour échapper aux contrôles. La quantité interceptée dépasse de loin le volume d’un trafic artisanal.
Acheminer une telle cargaison suppose des moyens financiers importants, des relais logistiques et une organisation structurée entre plusieurs pays. Par ailleurs, les trafiquants empruntent des corridors qui remontent depuis le Sahel. L’Algérie sert de territoire de transit ou de destination.
Le phénomène prend de l’ampleur. Au mois d’août, un réseau transnational avait été démantelé dans la capitale. Les services de sécurité avaient mis la main sur plus d’un million de comprimés psychotropes et 86 kg de cocaïne. Quelques semaines plus tôt, à Oran, une saisie record de 228 kilogrammes avait déclenché une enquête tentaculaire menée par la BRI. Cela a été suivi de vingt interpellations.
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Le Haut Commandement confirme sa stratégie face au narcotrafic transfrontalier
Pour le MDN, ce résultat valide l’approche retenue par le Haut Commandement en matière de lutte contre le crime organisé. Le communiqué insiste sur la vigilance maintenue par les unités déployées le long de la bande frontalière sud. Il s’agit d’une zone immense où la surveillance mobilise des moyens humains et technologiques considérables.
Les autorités militaires y voient aussi un signal adressé aux organisations criminelles qui tentent d’écouler leurs substances sur le marché national. De plus, chaque cargaison stoppée aux portes du désert représente autant de produits qui n’atteindront jamais les grandes villes du nord.
La pression s’exerce par ailleurs sur l’ensemble du territoire. Début septembre, les gendarmes de Chlef avaient remonté une filière active à l’échelle nationale. Ils ont saisi plus de 71 kilogrammes de résine de cannabis destinée à plusieurs marchés parallèles.
Le Sud algérien, verrou stratégique contre les routes de la drogue
Tamanrasset occupe une position charnière. La wilaya borde des espaces sahariens difficiles d’accès, traversés par des itinéraires anciens que les groupes criminels réutilisent aujourd’hui pour leurs convois. Les véhicules tout-terrain y circulent souvent escortés par des hommes armés, prêts à ouvrir le feu.
Cette réalité impose aux détachements de l’ANP un dispositif permanent, combinant patrouilles terrestres, surveillance aérienne et exploitation du renseignement. L’opération du 30 septembre illustre cette coordination entre différentes unités engagées sur un même objectif.
L’enquête devrait maintenant se concentrer sur l’identification des commanditaires. Les téléphones saisis et les déclarations des quatre hommes arrêtés constituent les premiers leviers pour cartographier le réseau et localiser ses relais en amont comme en aval.
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