Citoyenneté par investissement : cette île du Pacifique offre des passeports dorés, voici les conditions

Face à l’urgence climatique et à la montée des eaux, Nauru choisit l’innovation pour financer sa survie. Cette petite nation insulaire du Pacifique vient de lancer un programme de citoyenneté par investissement inédit : en échange d’une contribution financière, les investisseurs étrangers peuvent obtenir un passeport nauruan. L’objectif ? Injecter directement ces fonds dans des projets stratégiques d’adaptation au changement climatique et garantir l’avenir du pays.
Présenté au début de l’année dernière, ce programme dit des « passeports dorés » vise à financer un chantier colossal : le déménagement de 90 % des infrastructures et des foyers du pays vers des terres plus élevées.
Cette initiative vient enrichir un marché mondial de la citoyenneté par l’investissement en pleine expansion. Ce secteur séduit de plus en plus de fortunes internationales en quête d’une seconde nationalité pour faciliter leurs affaires, leurs déplacements et leurs investissements à l’étranger.
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Modalité d’accès et procédure de demande
Cette tendance s’observe également dans les Caraïbes, où plusieurs États proposent des programmes de citoyenneté par l’investissement prisés par une clientèle internationale. Ces dispositifs exigent toutefois des montants plus élevés que celui de Nauru, avec des tickets d’entrée variant généralement entre 200 000 et 250 000 dollars selon les pays et les options choisies.
Dans le cadre de ce programme, les candidats retenus au terme d’un processus de sélection en quatre étapes peuvent obtenir la nationalité nauruanne grâce à une contribution de 90 000 dollars pour une personne seule — une offre à durée limitée qui réduit le tarif standard de 115 000 dollars.
Ce passeport permet de voyager sans visa (ou avec un visa délivré à l’arrivée) vers plus de 85 destinations dans le monde. Selon les responsables du dispositif, il ouvre notamment les portes de hubs d’affaires stratégiques comme Singapour et Hong Kong.
Toutefois, cette citoyenneté ne donne pas le droit d’acquérir des terres à Nauru, où la propriété foncière reste strictement réglementée. De plus, les candidats doivent obligatoirement se soumettre à une enquête de moralité avant toute validation, une démarche qui vise à préserver l’intégrité du programme selon les autorités.
Quels sont les motifs de rejet des demandes ?
Malgré sa portée environnementale, l’initiative suscite des réserves, fréquentes à l’égard de ce type de dispositif. Plusieurs gouvernements et experts en sécurité alertent sur les risques de dérive liés aux « passeports dorés », notamment en cas de failles ou d’un manque de rigueur dans le contrôle préalable des candidats.
Face à ces inquiétudes, Nauru a renforcé son dispositif de contrôle : en plus d’enquêtes de moralité approfondies et d’un suivi continu des bénéficiaires, l’État s’est doté de la possibilité de révoquer la nationalité en cas d’infraction grave.
Le pays rejette d’ailleurs les dossiers qui ne remplissent pas ses critères, bien que les autorités n’aient pas divulgué le nombre exact de candidatures refusées. Ces précautions rappellent les déboires d’un premier programme mené par Nauru au début des années 2000 : celui-ci avait dû être abandonné après des révélations indiquant que des passeports avaient été attribués à des individus impliqués dans des affaires criminelles ou liés à des menaces sécuritaires.
L’engouement ne dément pas la controverse : plus de 120 passeports auraient déjà été délivrés depuis l’inauguration du dispositif. Pour ses partisans, ce programme constitue un levier financier indispensable face au péril climatique, tout en offrant une solution juridique à des individus sans nationalité.
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