Les prix de l’or noir ont amorcé un repli spectaculaire ce mercredi, repassant sous la barre symbolique des 100 dollars le baril. Ce dévissage fait suite à l’annonce par le président américain, Donald Trump, d’un accord de cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran, conditionné par la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz.
Pétrole : Pourquoi les cours s’effondrent de 14% en une seule séance ?
L’impact sur les places boursières ne s’est pas fait attendre. Selon les dernières données de trading, le Brent a lourdement chuté de 14,84 dollars, soit une baisse de 10,10 %, pour s’établir à 92,97 dollars le baril.
De son côté, le brut américain, le West Texas Intermediate (WTI), a accusé un recul encore plus marqué de 14,3 %, perdant 16,13 dollars pour atteindre 94,82 dollars le baril à 08h04 GMT.
Tensions USA-Iran : Le tournant diplomatique qui fait chuter les prix de l’énergie
Cette chute brutale des cours intervient après un changement de cap soudain de la Maison-Blanche. Donald Trump a validé cette trêve de deux semaines alors que s’achevait l’ultimatum qu’il avait fixé à l’Iran. Le président américain menaçait jusqu’alors de lancer des frappes d’envergure contre les infrastructures civiles iraniennes si le passage maritime restait obstrué.
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Le détroit d’Ormuz demeure le poumon énergétique de la planète. Environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par ce corridor vital, ce qui explique la sensibilité extrême des marchés à la moindre détente diplomatique dans la zone.

Vers une désescalade ? les dessous de l’accord d’Islamabad
Ce repli massif des marchés pétroliers fait suite à la conclusion, tôt ce mercredi 8 avril, d’une trêve de quinze jours entre Téhéran et l’alliance américano-israélienne. Ce cessez-le-feu, fruit d’une médiation pakistanaise menée par le Premier ministre Shehbaz Sharif, met un terme provisoire à quarante jours de hostilités ouvertes.
L’accord, qualifié de « victoire totale » par Donald Trump, prévoit un arrêt immédiat des combats « partout, y compris au Liban ».
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Au cœur de cette détente, l’Iran a consenti à la réouverture stratégique du détroit d’Ormuz, verrou essentiel par lequel transite 20 % de la consommation mondiale d’hydrocarbures. En contrepartie, Washington s’engage à suspendre ses frappes, ouvrant la voie à des négociations de haut niveau à Islamabad.
Le dialogue s’appuiera sur un plan iranien en dix points, perçu par la Maison-Blanche comme une base de travail sérieuse. Selon l’agence Fars, ce protocole inclurait l’engagement de Téhéran à renoncer à l’arme nucléaire, tandis que Washington reconnaîtrait son droit à l’enrichissement civil de l’uranium.
Le projet évoque également la création d’un fonds d’investissement financier pour compenser les pertes subies par l’économie iranienne durant le conflit. Bien que fragile, cet espoir de stabilisation régionale offre aux marchés de l’énergie une bouffée d’oxygène attendue après des semaines d’extrême volatilité.
