Neurochirurgie : le CHU de Blida s’équipe d’une technologie inédite en Afrique du Nord

Le bloc de neurochirurgie du CHU de Blida vient de changer d’époque. L’établissement a réceptionné la StealthStation S8, un système de navigation signé Medtronic qui permet aux praticiens de suivre en direct la trajectoire de leurs instruments à l’intérieur du crâne.
Aucun autre hôpital d’Afrique du Nord ne dispose aujourd’hui de cette plateforme, selon l’IMC, représentant officiel du fabricant américain en Algérie. Le service concerné est placé sous la responsabilité du professeur Sohail Taliba.
L’annonce marque une étape supplémentaire dans l’équipement des grands services hospitaliers du pays. Longtemps réservée aux centres européens ou nord-américains, cette navigation neurochirurgicale arrive désormais à quelques dizaines de kilomètres d’Alger.
Le CHU de Blida mise sur la navigation neurochirurgicale en temps réel
Le principe tient en une image simple : un GPS appliqué au cerveau. L’appareil superpose les clichés d’imagerie du patient et la position réelle des instruments, avec un affichage actualisé seconde après seconde. Le chirurgien sait en permanence où se trouve la pointe de son outil par rapport aux structures qu’il doit contourner.
Cette visibilité continue réduit la part d’incertitude qui accompagne toute intervention intracrânienne. Les repères anatomiques ne sont plus seulement mémorisés avant l’opération, ils restent sous les yeux de l’équipe pendant toute la durée du geste. La marge d’erreur se compte alors en millimètres.
L’installation s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des plateaux techniques algériens. Dans l’Ouest du pays, le CHU d’Oran avait déjà fait parler de lui avec la cranioplastie assistée par impression 3D, fruit d’une collaboration entre hôpital et université.
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Tumeurs cérébrales : une exérèse plus sûre pour les patients
La chirurgie oncologique du cerveau figure parmi les principales indications de cette technologie. Retirer une tumeur suppose d’aller chercher chaque fragment de tissu malade, sans abîmer les zones voisines qui commandent la parole, la motricité ou la vision. L’équilibre est délicat.
Le guidage par navigation aide justement à tenir les deux extrémités de cette exigence. Les équipes peuvent pousser l’exérèse tumorale plus loin tout en gardant intactes les régions fonctionnelles essentielles. Pour le patient, cela signifie de meilleures chances de contrôle de la maladie et moins de séquelles après l’intervention.
D’autres structures hospitalières avancent sur le même terrain. Le centre anti-cancer de Constantine a lancé au printemps dernier ses premières ablations de tumeurs malignes, avec l’ambition de couvrir plusieurs wilayas de l’Est.
La maladie de Parkinson parmi les indications prioritaires
Seconde grande application : la stimulation cérébrale profonde, connue sous le sigle DBS. Cette technique consiste à implanter de fines électrodes dans des noyaux situés au cœur du cerveau, afin de corriger une activité électrique devenue anarchique. Elle s’adresse notamment aux malades de Parkinson que les médicaments ne soulagent plus.
Un tel geste ne tolère aucune approximation. Les cibles mesurent quelques millimètres et se trouvent entourées de faisceaux nerveux vitaux. C’est précisément là que la navigation prend toute sa valeur, en sécurisant le trajet de l’électrode jusqu’à son point d’ancrage.
Le sujet mobilise depuis plusieurs mois la communauté médicale nationale. Une journée scientifique consacrée aux avancées du traitement de la maladie de Parkinson avait réuni à Sétif des neurologues algériens et le Pr Ali Zırh, praticien turc totalisant plus de 1 450 interventions de DBS.
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Blida s’impose comme référence régionale en chirurgie de précision
Avec cet équipement, l’hôpital de la Mitidja se place en position de pionnier régional. Les patients de tout le centre du pays pourront accéder sur place à des procédures qui exigeaient jusqu’ici un transfert à l’étranger, avec le coût et les délais que cela suppose.
Ce type d’acquisition n’a de sens que porté par des équipes formées. Les praticiens algériens ont déjà démontré leur capacité à maîtriser des gestes très techniques, à l’image de cette reconstruction complète du fémur par méga-prothèse réussie à l’EHU d’Oran sur une patiente de 21 ans.
Reste désormais à inscrire cette première dans la durée. Maintenance, formation continue et flux de patients détermineront la portée réelle de l’investissement pour la neurochirurgie algérienne dans les années à venir.
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