À Alger, la question des chiens errants refait surface sous un angle inédit. Longtemps traitée dans l’urgence ou la controverse, cette problématique urbaine sensible fait désormais l’objet d’une prise en charge structurée, assumée et encadrée.
Les autorités de la capitale ont enclenché un programme spécifique qui rompt avec les approches classiques, en misant sur une solution à la fois scientifique, progressive et respectueuse du vivant.
En toile de fond, un double enjeu. Préserver la sécurité des citoyens tout en intégrant une dimension de protection animale, rarement mise en avant jusque-là.
Chiens errants à Alger : un programme officiel lancé sous l’autorité du wali
Sur instruction directe du wali d’Alger, Mohamed Abdelnour Rabhi, les services de la wilaya ont engagé un programme dédié à la prise en charge des chiens errants et en situation de divagation. L’initiative s’inscrit dans une démarche qualifiée d’humaine et scientifique par les autorités locales, avec l’objectif affiché de répondre durablement à une problématique récurrente dans l’espace urbain.
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La mise en œuvre repose sur une coordination entre plusieurs acteurs publics, notamment l’Entreprise de nettoiement et de protection de l’environnement (HUPE) et l’Entreprise de gestion du parc zoologique et des loisirs « El Wiam El Madani » de Ben Aknoun. Ensemble, ces structures assurent le déploiement opérationnel du programme sur le terrain, en s’appuyant sur des méthodes modernes de gestion des populations canines errantes.
Le protocole TNVR au cœur de la prise en charge des chiens errants à Alger
Au centre de ce dispositif figure l’adoption du protocole TNVR, une méthode reconnue à l’échelle internationale. Ce protocole repose sur une chaîne d’interventions bien définie :
- Capture des chiens errants dans leur milieu habituel,
- Stérilisation afin de limiter la reproduction,
- Vaccination contre les maladies transmissibles à l’homme, notamment la rage,
- Remise en liberté des animaux dans les zones où ils ont été initialement collectés.
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Chaque chien pris en charge reçoit une marque distinctive au niveau de l’oreille, permettant d’identifier visuellement les animaux déjà suivis sur le plan sanitaire. Cette traçabilité vise à rassurer la population et à éviter les captures répétées des mêmes individus.
Selon les autorités, cette approche permet de réduire les comportements agressifs liés à l’absence de suivi vétérinaire, tout en instaurant un contrôle progressif de la population canine dans les quartiers, les cités d’habitation et les espaces publics.
Sécurité publique et bien-être animal : un équilibre recherché à Alger
La wilaya d’Alger souligne que cette expérimentation se déroule en concertation étroite avec des spécialistes, en particulier des vétérinaires. L’objectif consiste à garantir une application rigoureuse du protocole, conformément aux normes scientifiques en vigueur, tout en respectant les principes du bien-être animal.
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Les autorités précisent que les résultats feront l’objet d’une évaluation sur le terrain. Cette phase d’observation conditionnera une éventuelle généralisation du dispositif et son adoption comme mécanisme permanent de gestion des chiens errants à Alger.
