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Cheikh F., jeune Maghrébin tué par un policier municipal : une nouvelle affaire qui secoue la France

Cheikh F., jeune Maghrébin tué par un policier municipal : une nouvelle affaire qui secoue la France
Touché dans le dos alors que sa voiture était immobilisée, Cheikh F. est mort sous les tirs d'un policier municipal. Les derniers éléments de l'enquête bouleversent le récit initial.
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Dans la nuit du 14 au 15 juillet, Cheikh F., âgé de 29 ans et d’origine maghrébine, perdait la vie près d’Avignon sous les tir d’un agent de la police municipale du Pontet. Alors que les premières versions évoquaient la légitime défense, les révélations conjointes de Libération et Mediapart viennent faire l’effet d’une onde de choc.

Si la course-poursuite a pris fin au péage de Vedène peu avant 3 heures du matin, la polémique, elle, s’intensifie. Cette nuit, le jeune homme de 29 ans a perdu la vie, atteint par deux projectiles tirés par un policier municipal du Pontet (Vaucluse). Les conditions exactes de ces tirs mortels restent désormais au cœur de toutes les tensions.

L’enquête judiciaire le confirme désormais : la victime a été touchée dans le dos alors que son véhicule était déjà immobilisé. Retour sur une affaire policière aux zones d’ombre de plus en plus troublantes.

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Une poursuite engagée en pleine nuit

Présenté initialement comme un refus d’obtempérer face à un chauffeur dangereux, le drame apparaît aujourd’hui sous un jour bien différent. Les pièces de la procédure, qu’ont pu consulter Libération et Mediapart, viennent contredire ce premier récit officiel et révèlent un déroulé des faits nettement plus complexe.

Tout commence vers 2 h 30 du matin au Pontet. Intrigués par une Renault Clio bleue roulant « à vive allure », des policiers municipaux prennent le véhicule en chasse. Girofares allumés et sirènes hurlantes, ils lui ordonnent de se ranger sur le côté. Refusant d’obtempérer, Cheikh F. accélère et s’enfuit vers l’autoroute.

La traque s’étire sur près de douze kilomètres avant de trouver son dénouement au péage de Vedène. Là, pris en étau par le déploiement de plusieurs équipages de la police municipale, le véhicule de Cheikh F. se retrouve pris au piège dans l’un des couloirs de la gare péagère.

Une voiture privée de toute issue

La disposition des véhicules est au cœur de l’enquête : au moment des tirs, la Clio de la victime était bloquée entre deux voitures de patrouille, un policier municipal ayant lui-même concédé que le conducteur n’avait plus aucune issue. Ce verrouillage contredit l’hypothèse d’une fuite à grande vitesse, bien qu’il reste à déterminer si Cheikh F. a effectué des manœuvres avant les coups de feu pour tenter d’avancer ou de reculer.

Alors que les agents s’approchaient de la voiture immobilisée pour procéder à son arrestation, la situation a basculé. C’est durant cette phase d’approche que Théo U., policier municipal de 28 ans et ancien gendarme, a ouvert le feu.

Cependant, la version de l’auteur des tirs se heurte à d’importantes divergences dans les dépositions. Le policier lui-même a concédé des incertitudes majeures lors des interrogatoires, admettant qu’il ne pouvait situer avec précision sa position exacte lors de l’intervention, ni estimer la distance qui le séparait de Cheikh F. au moment où il a ouvert le feu.

L’accès aux enregistrements vidéo constitue un autre point d’ombre du dossier. Péage, équipements urbains, caméras-piétons des agents : si plusieurs dispositifs auraient pu capturer la poursuite et les tirs mortels, une part importante de ces séquences n’a été ni saisie ni exploitée dans les premières heures de la procédure.

La famille de la victime conteste la version policière

Ancien détenu pour infractions routières et mécanicien à Marseille, Cheikh F. aurait fui par « peur bleue » des forces de l’ordre, selon sa famille. L’avocat des proches, Arié Alimi, dénonce un tir mortel dans le dos sur un homme bloqué et met en cause les élus RN et macronistes. De son côté, le maire RN du Pontet soutient le policier municipal mis en examen et juge qu’il peut reprendre son service.

L’affaire survient une semaine après l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale (313 voix contre 199) d’un texte polémique instaurant une présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre. Un projet qualifié de « permis de tuer » par la défense, qui accuse la classe politique d’encourager ces dérives.

Cette loi n’était toutefois pas en vigueur au moment des faits : le texte devait encore être examiné par le Sénat. De plus, la mesure instaurant cette présomption d’usage des armes ne s’appliquait qu’à la police et la gendarmerie nationales, excluant explicitement les policiers municipaux de son périmètre.

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RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

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